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Dette menace système économique financier

Macro-économie / Taux / dette publique / dette privée / Politique monétaire

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La dette menace l’équilibre économique et social

Les politiques monétaires accommodantes, sous couvert de soutenir les fondamentaux économiques, ont dopé la dette mondiale mais aussi le populisme car elles alimentent les inégalités, selon Lombard Odier.
Lombard Odier
Lombard Odier

La dette publique, et en particulier la question de sa soutenabilité à long terme, est désormais la principale problématique des pays dans le monde, surtout depuis la crise de 2008. Lors d'une conférence dédiée au sujet ce matin, Stéphane Monier, le CIO de la banque Lombard Odier, a tiré la sonnette d'alarme : "la somme des dettes privées et publiques est aujourd’hui un problème très préoccupant [...]. Dans un monde où les taux zéro prennent le dessus sur les taux de marché, la tendance à l’endettement ne peut être qu’amplifiée." Un discours qui se traduit dans les chiffres puisque selon les prévisions du Fonds Monétaire International, le ratio de dette totale rapportée au PIB mondial devrait dépasser les 230 %.

Les banques centrales ont une responsabilité majeure vis-à-vis de cette situation mortifère, selon les dirigeants de la banque suisse. En sauvant le système économique et financier, au lendemain de la crise des subprimes, les institutions monétaires n’ont pas été suffisamment vigilantes aux conséquences que pouvaient avoir leurs politiques accommodantes à long terme. La grande critique qui émerge à l’encontre des banques centrales est d’avoir décorrélé les taux directeurs de la règle de Taylor, qui permet d’obtenir le taux d'intérêt optimal correspondant aux objectifs d’inflation et de croissance.

L’entêtement des banques centrales à poursuivre des politiques monétaires non conventionnelles a également contribué à "l’essor des populismes et des tensions sociales" comme l’explique Stéphane Monier à WanSquare. Les taux zéro ont permis aux individus aisés d’accroître significativement leur patrimoine en profitant d’une charge d’intérêt quasi-nulle sur leur emprunt. Cette appétence pour l’investissement a créé de fortes pressions inflationnistes sur les prix des actifs. C’est une répétition du winner takes all, les ménages déjà détenteurs de capitaux raflent toute la mise et ternissent les perspectives d’achat des ménages les plus modestes, qui en constatant l’envolée des prix se détournent de potentielles acquisitions. Le maintien des taux bas alimente donc les inégalités patrimoniales.

Par ailleurs, le CIO de la banque privée suisse a tenu à nous préciser qu’à "l’heure actuelle, ce n’est pas le risque d’une remontée des taux qui menace la dette publique tant cette probabilité est faible. C'est un problème qui est davantage lié à la confiance des investisseurs envers les emprunteurs". Si les fondamentaux de l’économie mondiale continuent de se dégrader, la confiance des créanciers pourrait significativement décroître et créer un climat de défiance à l’encontre des titres obligataires. Une panique généralisée faisant augmenter les taux à 10 ans des pays surendettés à des niveaux insoutenables entraînerait la faillite de nombreux pays, conclu Lombard Odier.

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