Private Equity / dette privée / Blackstone / Advent / LBO
Private Equity
dette privée / Blackstone / Advent / LBO
Quand le private equity concurrence Wall Street
Pendant longtemps, le private equity a été exclusivement un client des banques de Wall Street, à qui il faisait appel pour le montage financier de ses LBO. Mais aujourd’hui, les géants américains du private equity lèvent des fonds de dette privée de plus en plus gros, si bien qu’ils viennent concurrencer les banques traditionnelles sur des opérations de plus grande envergure. A cet égard, Blackstone a défrayé la chronique dans les dernières semaines lorsqu’il s’est positionné pour financer le deal signé par son concurrent, le fonds Advent International, qui a mis 3 milliards d’euros sur la table pour racheter la division de plastiques méthacrylates de l’allemand Evonik, pour 3 milliards d’euros. Le fonds dirigé par Steve Schwarzman a ainsi offert un prêt unitranche de 1,5 milliard d’euros, soit un montant record pour ce type de financement.
Advent International a finalement préféré un montage financier plus classique auprès d’un pool bancaire syndiqué par Barclays et Goldman Sachs. Mais il reste que cette offre unitranche, qui consiste à fusionner les tranches plus sécurisées et plus risquées sous un seul produit, est une première pour un LBO de cette envergure. Auparavant, elle était réservée à des sociétés trop petites pour accéder à des prêts à effet de levier ou au marché obligataire. Elle a notamment été utilisée au cœur de la crise financière, car elle était la seule option de financement disponible pour les fonds, pendant cette période d’assèchement du marché.
Mais grâce à la liquidité disponible en faveur du private equity, les fonds de crédit se sont multipliés et ont décuplé les moyens des fonds en dette. L’américain Ares a été un des plus actifs dans ce domaine, et détenait récemment le record avec un prêt de 1 milliard de livres accordé au groupe télécoms britannique Daisy, le mois dernier. Ares, qui a d’ailleurs bouclé son quatrième fonds européen de dette directe à 6,5 milliards d’euros et un premier fonds américain de dette senior à 3 milliards de dollars l’an passé, devrait continuer à rester très actif. Tout comme Blackstone, qui est lui aussi très bien armé puisqu’il a levé plus de 5 milliards d’euros de fonds de crédit.
Mais il y a une raison pour laquelle Blackstone n’a pas eu gain de cause face aux géants de Wall Street : la dette unitranche reste bien plus chère que les prêts à effet de levier. Dans le cas de la division d’Evonik, elle coûtait 7,5 % au-dessus du taux de référence, contre 4 à 4,5 % pour des leveraged loans classiques dans le marché actuel. Elle conviendrait donc plutôt aux fonds en période de vache maigre des banques. La dette privée est en revanche plus protectrice du créancier dans la mesure où elle garde encore des critères de covenant, alors que les financements covenant-lite se sont généralisés auprès des banques dans ce contexte de surliquidité.
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