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dette privée France nouveau record

Macro-économie / Taux / dette privée / France / record / Banque de France

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La dette privée tricolore atteint un nouveau sommet

Le secteur privé français continue de s'endetter pour atteindre un record à 133,2 % du PIB au premier trimestre. Une tendance à contre-courant de la zone euro qui se montre bien plus raisonnable face à la tentation des taux d'intérêt historiquement bas.
Siège de la Banque de France - BdF
Siège de la Banque de France - BdF

Une dette en entraîne toujours une autre. Le secteur privé français continue de s’endetter massivement pour atteindre un nouveau record au premier trimestre de l’année à 133,2 % du PIB quand le reste de la zone euro poursuit son désendettement progressif selon les données de la Banque de France publiées hier. La croissance du crédit pour les ménages et les entreprises non financières s’est accrue de 4,6 points de PIB dans l’hexagone sur un an.

La source d’inquiétude majeure est que la France suit une dynamique à contre-courant de celles de ses voisins. Depuis la crise mondiale de 2008, la zone euro n’a cessé de se désendetter avec un ratio rapporté au PIB qui a diminué de 130 % au plus fort de la crise à 118,7 % au premier trimestre de cette année. Par opposition, la dette privée tricolore a flambé de 112 % du PIB à 133,2 % sur la même période. Cette hausse est si vertigineuse que le pays possède désormais le secteur privé le plus endetté de l’Union européenne devant l’Espagne qui s’efforce de réduire son encours de crédits avec une baisse de 3,9 points en un an fléchissant ainsi à 127,8 % du PIB.

Nul doute que les taux d’intérêt historiquement bas sont en majeure partie responsable de cette situation alarmante. De fait, ces derniers ont réveillé l’appétit des acteurs privés pour le crédit en leur offrant l’opportunité d’investir à moindre coût. En témoignent les taux de crédits immobiliers qui ont atteint leur plus bas historique depuis le mois de mai en France à 1,29 % en moyenne toutes durées confondues. De tels taux planchers incitent les agents privés à devenir propriétaires au prix d'une dette souvent importante.

La baisse du prix de l’argent impacte également les banques qui laissent les vannes du crédit grandes ouvertes pour compenser leur perte en marge d’intermédiation par le volume de crédits accordés. Dans un contexte où les banques françaises prêtent à tous azimuts, il n’est pas étonnant de voir la dette privée du pays s’envoler. Et cette situation ne peut aller que de mal en pis si aucune régulation n’est mise en place car le nouveau virage accommodant que la Banque Centrale Européenne devrait prendre dès septembre va renforcer les incitations de crédits. Par le biais d’opérations ciblées de refinancement de long terme (TLTRO), et par la baisse du taux des dépôts placés à la BCE, les banques seront encore sommées d’augmenter leur volume de crédits censé stimuler l’inflation. Même si jusqu’à présent, ce cercle infernal de l'endettement n’a fait que dégrader la solvabilité des emprunteurs sans relancer l’inflation qui a reculé de 1,2 % à 1,1 % en France au mois de juillet.

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