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Le bitcoin va-t-il faire un tabac ?
La semaine dernière la France apprenait sur les ondes d’Europe 1 que le bitcoin serait bientôt disponible dans les bureaux de tabac, et ce grâce à l’accord de la Banque de France (BdF). Dans un communiqué, la Banque des banques ne tardait pas à réagir, démentant formellement l’information diffusée. “Contrairement à ce qui a été affirmé ce matin par certaines stations de radio, sans vérification préalable, aucune convention n’a été signée afin de permettre la vente de bitcoin dans les bureaux de tabac. Aucun accord n’est par ailleurs discuté ni envisagé sur le sujet".
Dans les faits, les buralistes n’ont pas besoin de l’accord de la BdF pour vendre des bitcoins. Les crypto-actifs feront bel et bien leur entrée au 1er janvier 2019, dans les cafés-tabacs français. Pour ce faire, ces derniers seront équipés de terminaux de paiements de la société Bimedia, qui a elle-même signé un accord avec la plateforme KeplerK. Seules deux monnaies seront disponibles, la vedette Bictoin et sa cadette, l’Ether, sous forme de coupons équivalents à 50, 100 et 250 euros. Les acheteurs pourront revendre leur crypto sur KeplerK, les buralistes ne se chargeant que des achats.
Cette prochaine entrée des crypto-actifs ne se fait en revanche pas sous les meilleurs auspices. Car si le bitcoin s’échangeait à près de 20.000 dollars en décembre 2017, il se vend désormais pour 4.077 dollars, un plus bas depuis un an. Sur les six derniers mois, il a perdu plus de 15 % de sa valeur. Et le bitcoin a emporté tous ses semblables dans sa chute. L’Éther s’échangeait ce matin à 100,48 euros contre plus du double l’an dernier. Cet effondrement a motivé un avertissement de l’Autorité des Marchés Financiers, publié ce matin.
Le gendarme boursier a rappelé que l’achat et la vente de crypto-actifs s’effectuent toujours en dehors de tout marché réglementé. Les crypto-actifs ne sont matérialisés par aucune monnaie réelle, ne disposent pas de cours légal, font l’objet d’une forte volatilité et les risques de piratage des portefeuilles virtuels sont conséquents. “Sa diffusion par une société anonyme KEPLERK [...] au capital de 50.000 euros [...] qui ne dispose d’aucune autorisation ni agrément par une autorité française ou étrangère, n’est pas de nature à fournir une quelconque garantie à la clientèle”. L’AMF, la Banque de France et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) concluent à juste titre que ces transactions sont “peu adaptées aux profils d’investisseurs particuliers non avertis”. Ces derniers seront prévenus.
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