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Macro-économie / Taux / Banque de France

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Banque de France

La Banque de France inquiète pour l'évolution du déficit

L'institution estime que le PIB devrait progresser de 1,5 % par an l'an prochain, puis de 16 % et 1,4 % en 2020 et 2021, grâce au rebond de la consommation des ménages. L'évolution du déficit est en revanche soumise à "des incertitudes significatives".
Banque de France
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La Banque de France a dévoilé ce matin ses projections macroéconomiques pour les trois prochaines années, en tenant compte des résultats nationaux trimestriels de l'INSEE jusqu'au troisième trimestre de cette année, et en intégrant une progression de 0,2 % seulement au T4. Malgré le fléchissement temporaire au dernier trimestre de cette année, "du fait notamment des perturbations de l'activité induites par le mouvement des 'gilets jaunes'", la Banque de France s'attend à trois années de croissance encore supérieures au rythme potentiel du pays (estimé autour de 1,3 %). Le PIB devrait ainsi progresser de 1,5 % l'an prochain puis de 1,6 % en 2020 et 1,4 % en 2021. À moyen terme toutefois, à condition que les réformes actuelles se poursuivent, le pays pourrait bénéficier d'un supplément de croissance et d'une baisse plus prononcée du niveau de chômage. Même si pour l'instant, la banque centrale estime que le PIB devrait revenir progressivement vers son rythme potentiel à mesure que le cycle économique se prolonge.

La contribution du commerce extérieur devrait être neutre pour le PIB l'an prochain, celui-ci demeurant marqué par de fortes incertitudes mondiales, mais plutôt soutenu au niveau européen. Baisse de la demande mondiale hors zone euro donc, mais rebond de celle de nos partenaires du Vieux Continent. 

C'est donc surtout l'amélioration du pouvoir d'achat et donc de la consommation des ménages qui devrait permettre de soutenir l'économie de l'Hexagone ces prochaines années, selon la Banque de France. Qui mise notamment sur la baisse de la taxe d'habitation et des cotisations sociales salariales, ainsi que sur le repli des prix de l'énergie pour soutenir la demande des ménages. Sachant que l'institution a bien précisé que ses nouvelles projections "ne tenaient pas compte des mesures annoncées par le Président de la République et le Gouvernement postérieurement au 28 novembre", qui devraient notamment "soutenir le pouvoir d'achat et la consommation". Sans tenir compte des annonces d'Emmanuel Macron, le pouvoir d'achat devrait donc progresser de 1,4 % cette année, puis de 1,7 % en 2019, avant de ralentir progressivement les deux années suivantes. 

La Banque de France mise également sur une réduction progressive du taux de chômage, qui pourrait atteindre 8,1 % fin 2021 sur la France entière et même passer sous les 8 % en France métropolitaine. Une réduction permise à la fois par une poursuite des créations d'emplois, (133.000 postes créés en 2019 dans le secteur marchand, puis 155.000 et 120.000 en 2020 et 2021) et une croissance plus faible de la population active. 

Autre pilier de la croissance française l'an prochain, l'investissement des entreprises, qui devrait rester bien orienté : le taux d'investissement va continuer d'augmenter, à un rythme toutefois un peu inférieur à 2017 et 2018. Celui des ménages, qui a nettement ralenti cette année, devrait se reprendre l'an prochain, à un rythme en ligne avec l'évolution du pouvoir d'achat. 

L'évolution du déficit et de la dette publique est en revanche "très incertaine", avertit la Banque de France, qui rappelle une nouvelle fois que ses prévisions de déficit ne prennent pas en compte les 10 milliards de mesures fiscales annoncées par le Président. Heureusement pour le gouvernement, la charge de la dette devrait continuer de diminuer et passer de 1,9 % du PIB en 2017, à 1,3 % en 2021, grâce à un environnement de taux toujours très favorable (la BdF mise sur une remontée graduelle du taux 10 ans de 0,8 % en 2018 à 1,4 % fin 2021, soit un niveau encore très faible). Mais la Banque de France, qui anticipe un déficit de 2,6 % pour cette année, et de 2,9 % l'an prochain - en raison de la transformation du CICE en baisse pérenne de cotisations patronales qui pèsera pour 0,9 pb sur le déficit - laisse entendre que ce chiffre pourrait être supérieur en 2019. "Avant les annonces gouvernementales récentes, le solde public était projeté en légère hausse temporaire à 2,9 % du PIB en 2019"... Le chiffre devra sans doute être revu à la hausse, sauf si le gouvernement parvient à trouver 10 milliards d'économies pour financer ses nouvelles dépenses.

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