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Private equity : ces fonds qui ont tous les droits
Dans le monde du private equity, pas un mois ne passe sans une nouvelle annonce record, en termes de levées comme de deals. Après Blackstone, qui a signé il y a quelques jours le plus gros LBO immobilier de l’histoire en rachetant le singapourien GLP pour 18,7 milliards de dollars, c’était hier au tour d’Advent International de bénéficier de l’appétit actuel pour le non coté. Le fonds de private equity a bouclé son neuvième fonds global à 15,6 milliards d’euros (17,5 milliards de dollars), soit quasiment le "hard cap" que le groupe s’était fixé et qu’il a atteint en six mois à peine. Un véhicule bien supérieur au précédent levé en 2016 seulement, et qui avait été finalisé à 11,6 milliards d’euros.
Le fonds poursuit sa stratégie, celle de se focaliser sur cinq secteurs clés : les services financiers, la santé, l’industrie, la distribution et les biens de consommation et enfin, les nouvelles technologies, où il compte se renforcer avec l’ouverture d’un nouveau bureau à San Francisco. Alors que le marché des transactions secondaires bat son plein, le fonds compte également jouer un rôle dans les LBO primaires de cessions d’actifs par des industriels : "nous sommes particulièrement bien placés pour gérer des situations complexes, comme par exemple les carve-out d’entreprises, sur lesquels nous sommes en mesure de stimuler la croissance, d’améliorer les performances opérationnelles, et de générer ainsi de la valeur", a commenté James Brocklebank, managing partner d’Advent.
Advent International fait sans aucun doute partie de ces "happy fews", les fonds de la place affichant les meilleurs track records et qui bénéficient de la volonté des Limited partners de concentrer leurs allocations de capitaux aux mains d’un nombre resserré de gérants. Cela signifie que l’argent afflue de plus en plus vers les grands acteurs du non coté, bien installés, qui bénéficient de la confiance des investisseurs, et obtiennent ainsi de plus en plus de pouvoirs. Cela est d’autant plus perceptible au niveau des frais prélevés auprès des Limited partners : les commissions de gestion sont fixes et les investisseurs de la première heure dans un fonds n’obtiennent plus vraiment de décote, ni de commissions de performance. Pour son dernier fonds, Advent International a ainsi obtenu la suppression du "hurdle rate", ce taux de performance minimum à partir duquel le gérant prélève ses commissions de performance.
Cet exemple montre à quel point le rapport de force s’est inversé en faveur des sociétés de gestion dans le private equity, qui peuvent dicter leurs conditions dans la mesure où les investisseurs se battent pour entrer dans leurs fonds. Advent International, qui a réussi à générer un TRI de 17 % sur son fonds de 2008 – soit en plein cœur de la crise – est récompensé pour sa capacité à délivrer du rendement, même lors d’un retournement de cycle. En France, il a récemment réalisé deux beaux spin-off industriels, avec la reprise de l’activité biométrie de Safran pour 2,4 milliards d’euros, ou encore les génériques de Sanofi pour 1,9 milliard d’euros. Création de valeur sur des deals primaires et récurrence des performances : autant de qualités qui justifient actuellement des rémunérations exceptionnelles, selon les investisseurs.
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