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record obligations européennes baisse

Macro-économie / Taux / Dette obligataire / rendement / Union européenne / europe / taux négatifs

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Obligations européennes : une chute historique

Les investisseurs n'ont pas manqué de réagir à la nomination de Christine Lagarde à la BCE et d’Ursula von der Leyen à la Commission. En Europe, les emprunts d'États dégringolent à leur plus bas historique.
Salle des marchés de l’AFT - Agence France Trésor - obligations souveraines
Salle des marchés de l’AFT - Agence France Trésor - obligations souveraines

Les obligations d’État à 10 ans atteignent un nouveau record à la baisse en Europe. L’annonce de la nomination de Christine Lagarde comme gouverneure de la Banque centrale européenne et d’Ursula von der Leyen comme présidente de la Commission a renforcé la confiance des investisseurs envers l’Union, évinçant l’incertitude qui planait autour du mercato européen.

Le bund allemand à 10 ans encaisse une nouvelle chute de 0,25 point de base ce matin et atteint un nouveau record à -0,398 %. Dans le même temps, le taux de rendement des emprunts belges à 10 ans s’effondre de 0,46 point à -0,024 % et ceux de la Suède baissent de 0,019 à -0,002 %, passant tous deux en terrain négatif pour la première fois de leur histoire. Cette demande massive d’obligations européennes se propage à travers chaque pays : la France, la Finlande et l’Espagne suivent le mouvement en voyant respectivement leur taux de rendement à 10 ans dégringoler de 0,38 point, 0,88 point et 0,41 point et atteignent aussi un plus bas historique.

L'Europe devient le terrain de jeu des investisseurs qui souhaitent sécuriser leur portefeuille, car force est de constater que toutes les conditions sont réunies pour qu’un tel phénomène se produise. Certes, le Vieux Continent n’est pas d’un dynamisme économique semblable à celui d'Amérique ou d'Asie mais il continue de croître au rythme de sa croissance potentielle, soit 1,7 % en moyenne. Un niveau suffisamment élevé pour dissiper les craintes d’une récession. De plus, l’arrivée de l’actuelle présidente du FMI à la tête de la BCE conforte les marchés sur le maintien d’une politique monétaire ultra-accommodante. Selon Andrew Kenningham, chef économiste Europe chez Capital Economics, cette nomination laisse penser que la BCE "devrait procéder à un assouplissement de sa politique monétaire dans les prochains mois. Nous pensons que la banque devrait baisser son taux de dépôt en septembre et relancer son Quantitative Easing avant la fin de l’année".

Dans un monde où le couple sino-américain souffre de sa propre guerre commerciale et où les pays émergents sont atteints d’une instabilité chronique, l’Europe est le choix de la sécurité. Les investisseurs ont bien compris que les banques centrales ne laisseraient pas les États faire faillite. Reste à savoir jusqu’à quel niveau les taux de rendements européens peuvent chuter sous la menace des tensions géopolitiques mondiales. Car si les emprunts obligataires à 10 ans s'enfoncent indéfiniment, les gouvernements ne laisseront pas passer l’occasion de devenir rentier de leur propre endettement. L’envolée généralisée de la dette publique deviendrait alors le risque le plus élevé jamais recensé.
 

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