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Private Equity / Private equity / Cinven / Advent / LBO

Private Equity
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Le private equity européen repousse les limites des deals

Les fonds Cinven et Advent ont emporté la division d’ascenseurs de l’allemand Thyssenkrupp pour 17,2 milliards d’euros, soit l'un des plus gros deals de l’histoire du private equity européen. La classe d’actifs pourrait profiter de la crise actuelle des marchés.
Bourse d’argent
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L’annonce faite jeudi soir est passée relativement inaperçue, tant les investisseurs avaient les yeux rivés sur des marchés en plein décrochage. L’allemand Thyssenkrupp, en difficultés financières en raison de la crise de l’acier, a annoncé qu'il vendra sa division d’ascenseurs à un consortium d’investisseurs emmenés par les fonds Cinven et Advent International pour 17,2 milliards d’euros. Un prix élevé grâce à un processus mené de main de maître, où le vendeur a su mettre en concurrence les industriels et financiers. En septembre dernier, son concurrent finlandais Kone Oyj affirmait vouloir fusionner les deux activités, et un prix de 15 milliards d’euros circulait déjà.

Las, le candidat s’est fait souffler cet actif par un consortium de fonds, capable de s’aligner sur des offres généreuses grâce à la quantité de cash qu’il détient. Comme l’a détaillé Bain & Company dans son dernier rapport, le private equity est assis sur un trésor de guerre de 2.500 milliards de dollars, dont 830 milliards pour les LBO – et un peu moins de la moitié de cette enveloppe est dédiée à l’Europe. Cette montagne d’argent disponible, couplée à des marchés très bien orientés jusqu’à tout récemment et à des taux d'intérêt toujours aussi faibles (facilitant l'emprunt), tire les prix à des niveaux historiques : 11,5 fois l’Ebitda en moyenne aux Etats-Unis, 10,9 fois en Europe.

Par ailleurs, les fonds sont de plus en plus souvent accompagnés par leurs Limited Partners, qui outre leur allocation à des véhicules LBO, souhaitent désormais investir en direct dans des transactions. Si bien que le private equity européen a aujourd’hui les moyens de financer des deals autrefois réservés aux États-Unis. Cette opération signe ainsi le plus gros LBO depuis la vente de 55 % du canado-britannique Thomson Reuters à Blackstone en 2018, pour une valorisation de 20 milliards de dollars. Aux Etats-Unis, les rumeurs ont prêté à KKR des vues sur la chaîne de pharmacies Walgreens, alors valorisée quelque 70 milliards de dollars, à l’automne dernier, ce qui aurait constitué le plus gros deal de l’histoire, mais le fonds n’a pas franchi le pas.

Alors qu’elle a été longtemps limitée à des LBO à quelques milliards d’euros, l’Europe se lance désormais dans des méga deals, notamment pour mettre son argent au travail. Cette annonce est certes symptomatique dans le contexte actuel du plus violent krach des marchés depuis 2008. Si cela va affecter les valorisations de ses participations, le private equity a plusieurs cartes à jouer. D’une part, continuer à attirer plus d’argent vers une classe d’actifs réputée plus résistante et rentable sur le long terme. Mais aussi emporter plus de cibles aux dépens des introductions en Bourse, plus improbables que jamais en ce moment.

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