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Carlyle / Cinven / Euro Techno Com
Carlyle confie à Cinven le soin de poursuivre l’histoire de croissance d’ETC
Des ventes multipliées par trois et une valorisation quasi quadruplée. La mission de Carlyle auprès du fournisseur d’équipements pour les opérateurs et installateurs télécoms Euro Techno Com (ETC) aura été conduite efficacement. Entré il y a quelques jours en négociations exclusive avec son homologue britannique Cinven pour lui céder une participation majoritaire de l’entreprise, le fonds de capital-investissement américain mesure le chemin parcouru en moins de trois ans. "Durant ce partenariat avec le fondateur et l'équipe de management, nous avons positionné ETC comme le leader mondial de sa catégorie dans la distribution à valeur ajoutée spécialiste de la chaîne de valeur télécoms. Le groupe est le seul à pouvoir servir quasi 100% des besoins d’un opérateur télécoms et de ses installateurs", explique à WanSquare Cyril Bourdarot, managing director chez Carlyle.
"One stop shop"
Le renfort de Carlyle a largement facilité l’accélération de la croissance et l’internationalisation d’ETC, notamment sur le marché américain. "Soutenir l’expansion géographique de l’entreprise était un axe clé de la stratégie, notamment aux Etats-Unis qui représente aujourd’hui plus de 60% des revenus de la société", ajoute Cyril Bourdarot. Carlyle a accompagné ETC pour devenir un "one stop shop" distribuant tous les équipements - actifs ou passif - nécessaires au déploiement des réseaux de toutes les technologiques (fibre, câble, réseaux mobiles) ou des infrastructures de datacenters.
Carlyle "nous [a aidé] à construire une plateforme spécialisée, diversifiée et véritablement unique au sein de la chaîne de valeur complexe des télécommunication", explique de son côté Cédric Varasteh, fondateur du groupe ETC. Le chiffre d’affaires a été multiplié par trois depuis 2018, dépassant le milliard d’euros en 2021. Les effectifs sont passés de 440 à 1 100 employés, tandis que la présence géographique était étendue de 4 à 12 pays. Un déploiement opéré à la fois par croissance externe et organique. Après avoir mis la main il y a deux ans sur le britannique Comtec, ETC a ensuite fait l’acquisition de Walker & Associates et Comstar Supply aux Etats-Unis.
Une vente à près de 2 milliards d’euros
Non divulgué, le montant de l’offre de Cinven valoriserait ETC à près de 2 milliards d’euros, selon différences sources. Pour emporter les enchères organisées par la banque d’affaires Goldman Sachs mandatée par Carlyle, Cinven a dû se montrer convaincant. Face au fonds britannique, plusieurs autres grands noms du private equity étaient sur les rangs, parmi lesquels le français PAI Partners, le fonds d’infrastructure canadien Brookfield, ou encore les fonds KKR, CVC et Bain.
En comparaison, Carlyle avait pris le contrôle en 2019 du distributeur français d’équipements télécoms spécialisé dans la fibre optique à un prix bien inférieur, estimé autour de 500 millions d’euros. Le fleuron américain du private equity avait réalisé son investissement à travers Carlyle Europe Technology Partners IV (CETP IV), fonds de 1,35 milliard d’euros dédié aux entreprises technologiques de petite et moyenne taille. De son côté, Cinven investira dans ETC à travers son fonds Cinven VII, qui avait levé 10 milliards d’euros l’année dernière, un véhicule dont la taille correspond mieux à la nouvelle dimension de l’entreprise.
Structure de capital plus adaptée
"ETC avait besoin d’une structure de capital lui permettant de passer à la prochaine étape. Nous ne souhaitions par ralentir la dynamique de l’entreprise, afin qu’elle continue à se développer au même rythme, à poursuivre ses acquisitions. C’est un marché qui reste très fragmenté, sur lequel évoluent énormément de petits distributeurs spécialisés dans de nombreux pays", explique Cyril Bourdarot.
Les futurs propriétaires du groupe ne comptent pas ralentir la cadence. "Les investissements dans l'infrastructure et la maintenance des télécommunications continuent de présenter des caractéristiques de forte croissance basées sur la nécessité pour les opérateurs d'investir dans les dernières technologies et la résilience des réseaux", a commenté Thomas Railhac, associé chez Cinven.
De son côté, Carlyle réinvestira "dans une participation minoritaire significative", a indiqué le fonds américain, fermement convaincu que la belle histoire de croissance de l’entreprise va se poursuivre. Sur un marché porté par l’accélération du besoin d’infrastructures physiques pour servir nos économies connectées, "ETC a l’opportunité de créer un acteur pesant plusieurs milliards", estime Cyril Bourdarot.
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