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Entreprises / Actions / Orange / MasMovil / Iliad / Vodafone / KKR / Cinven / Providence / télécom

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Les opérateurs français, prochains bénéficiaires de la concentration des télécoms ?

Iliad vient de déposer une offre sur la filiale de Vodafone en Italie, tandis qu'Orange serait en train de se rapprocher de MasMovil en Espagne.
Iliad approche Vodafone en Italie
Iliad approche Vodafone en Italie

Si le marché français des télécoms semble bien figé à quatre opérateurs, le reste de l’Europe s'agite. Et les acteurs français n’y sont pas étrangers.

En Italie, les rumeurs se sont confirmées : le français Iliad (propriétaire de Free), conseillé par la banque Lazard, a officialisé hier soir avoir déposé une offre à Vodafone sur 100% du capital de la filiale transalpine de l'opérateur britannique. Aucun montant n'a été évoqué, mais la presse italienne a évoqué le chiffre de 14 milliards d'euros, soit un multiple de 9,3x l'EBITDAaL ajusté des douze derniers mois - de quoi doubler la dette d'Iliad, mais sans inquiéter son fondateur Xavier Niel depuis qu'il a retiré Iliad de la cote l'année dernière.

Le directeur général d’Iliad Italia lui-même avait déclaré en janvier dans un entretien à Bloomberg qu’il serait prêt à faire une acquisition si l’occasion se présentait. A eux deux, ces opérateurs cumuleraient une part de marché de 36% dans le mobile en Italie, qui ne compterait plus que trois acteurs (avec TIM et WindTre). Le choix de Vodafone n'est pas un hasard : son directeur général, Nick Read, avait déclaré la semaine dernière être à la recherche d’occasions de rapprochement au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie et au Portugal. La valeur boursière du groupe est en effet au plus mal. Le fonds activiste suédois Cevian Capital a d’ailleurs profité de cette faiblesse pour entrer à son capital ; il serait monté à près de 3% en début d’année pour peser sur sa stratégie.

De l'autre côté des Pyrénées, le quotidien espagnol Expansion faisait état hier de discussions entre Orange et les actionnaires de MasMovil pour fusionner la filiale locale du groupe français avec l’opérateur espagnol. Et créer ainsi le troisième opérateur du pays, dépassant Vodafone, qui occupe actuellement la dernière place du podium. Orange détiendrait 50% du capital de la nouvelle entité, tandis que les fonds KKR, Cinven et Providence, les actionnaires actuels de MasMovil, contrôleraient le solde. Ni Orange ni MasMovil n’ont souhaité commenter les informations de l’article.

Mais elles sont jugées crédibles par les investisseurs – l’action Orange s’est adjugé plus de 2,5% hier à la Bourse de Paris (à 10,82 euros). S’il était avéré, un tel projet serait bénéfique à Orange. Le marché des télécoms espagnol, qui représente aujourd’hui environ 12% de son chiffre d’affaires, a connu une forte croissance par le passé (6 et 7% en 2016 et 2017) mais a ralenti sous l’effet de la très forte concurrence, qui l’a poussé vers le low cost, et de la crise sanitaire : il a progressé de 2,5% en 2018, puis a reculé de 1,5% l’année suivante et d’autant en 2020. L’an passé est resté difficile – c’est pourquoi une fusion permettrait au marché de repartir de l’avant et d’améliorer les marges.

Mais la perte de rentabilité n’affecte pas seulement les marchés espagnol ou italien ; elle pose un problème à l'ensemble des opérateurs européens, qui doivent lourdement investir dans le déploiement de la 5G (plus de 220 milliards d’euros en quatre ans selon l’agence de notation Fitch Ratings) ; c’est pourquoi les appels de dirigeants en faveur de la concentration du secteur se multiplient, tandis que les transactions ont déjà largement commencé dans les infrastructures télécoms (en particulier les tours).

Pour l’instant, le Royaume-Uni est le seul grand marché à avoir réduit le nombre d’opérateurs avec la fusion entre Virgin Media (filiale de Liberty Global) et O2 (filiale de l’opérateur espagnol Telefonica) l’année dernière. Cette opération fait suite au rejet du projet de rapprochement entre Three UK (détenu par le conglomérat hong-kongais CK Hutchison) et O2 par la Commission européenne en 2016 – décision qui avait été finalement annulée par le Tribunal de l’Union européenne en mai 2020, ce qui a probablement facilité l’acceptation de la fusion Virgin Media-O2. CK Hutchison aurait ensuite été approché par Vodafone, mais sans que ce dernier ne parvienne à le convaincre de lui céder Three UK.

 

Mais ces volontés se heurtent aux considérations politiques – les gouvernements sont réticents à favoriser une concentration qui ferait grimper les prix d’un service essentiel aux citoyens et à l’économie – et aux autorités de la concurrence. La rebuffade subie par Bruxelles dans le dossier Three UK pousse probablement les opérateurs à être plus téméraires, mais sans que ce soit une garantie de succès.

 

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