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Entreprises / Actions / Vodafone / Nick Read / Orange / Iliad / Xavier Niel / Apax Partners / Cevian

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Vodafone / Nick Read / Orange / Iliad / Xavier Niel / Apax Partners / Cevian

Vodafone cherche son sauveur / Son action est au plus bas depuis 20 ans à Londres

Vodafone est à la recherche d’un nouveau directeur général pour enrayer sa spirale de destruction de valeur. Sous la pression de certains de ses actionnaires, dont Xavier Niel, ce prochain responsable aura principalement pour mission de redresser les performances du groupe en Allemagne et de mieux tirer du portefeuille d’actifs européens du géant britannique.
Vodafone recherche un nouveau patron providentiel - Ramon Costa / SOPA Images/ZUMA/R
Vodafone recherche un nouveau patron providentiel - Ramon Costa / SOPA Images/ZUMA/R

Y-a-t-il encore des raisons de croire au redressement de Vodafone ? Elles ne sautent pas aux yeux des investisseurs en tout cas alors que le cours de Bourse du champion britannique des télécoms est à la dérive. A 84,3 pence lundi soir à Londres, l’action du numéro deux mondial du secteur a touché un plus bas depuis septembre 2002. Une descente aux enfers démarrée il y a quatre ans, à laquelle n’a pas résisté Nick Read, le futur ex-directeur général du géant britannique, dont le départ annoncé au début du mois n’a pas suscité de réaction sur les marchés.

Le sursaut naît rarement dans les périodes d’intérim. Le remplaçant de Nick Read n’est pas connu, le groupe est encore à sa recherche, tandis que Margherita Della Valle la directrice financière assure la transition le temps de le trouver.

Si l’on mesure la réussite d’une stratégie à la création de valeur qu’elle génère, Nick Read a certes échoué, au vu de la division par deux de la valorisation de l’entreprise depuis sa nomination, en octobre 2018. Son bilan n’est pas vide pour autant, même si contraint par un lourd endettement dont il n'était pas le principal responsable. A son actif, Nick Read "a été un précurseur pour le secteur en Europe en libérant la valeur de ses tours de téléphonie mobile", a tenu à rappeler Jean-François van Boxmeer, le président de Vodafone, en le remerciant pour sa contribution. La mise en bourse de la filiale d’antenne relais Vantage Towers a constitué la plus grosse introduction en Bourse d’Europe l’année dernière. Le groupe avait levé 2,3 milliards d’euros grâce à cette opération, lui permettant de réduire légèrement sa dette. Une dette pléthorique, qui s'élevait encore à 45,5 milliards d’euros à fin septembre, ce qui a conduit Vodafone à accepter le mois dernier de vendre sa participation majoritaire dans Vantage Towers aux fonds KKR et Global Infrastructure Partners dans le cadre d'un accord valorisant l'entreprise à 16,2 milliards d'euros.

Les principaux reprochent adressés au futur ex-dirigeant portent sur son manque d’agilité à céder certains actifs, pour justement diminuer l’endettement, et mieux se redéployer dans sur les marchés sur ses marchés clés. Deux échecs en particulier lui sont imputés : le rejet au début de cette année de l’offre du Français Iliad sur Vodafone Italie. Le groupe de Xavier Niel proposait 11,25 milliards d’euros en cash avec l’appui du fonds Apax Partners dans un deal qui aurait permis à Iliad de devenir numéro un en Italie. Dans le même temps, Vodafone s’est fait griller la politesse en Espagne, échouant à se rapprocher de MásMóvil, le quatrième opérateur espagnol, qui a finalement convolé avec Orange, aggravant la débâcle boursière du groupe britannique.

La cession en août par Vodafone de sa filiale en Hongrie pour 1,8 milliard d'euros et l’entrée en discussion en octobre pour fusionner ses activités au Royaume-Uni avec Three UK, filiale de la holding de Hong Kong CK Hutchison, afin d'allier leurs forces dans la 5G, n’ont pas inversé la tendance.

La nature n’aimant pas le vide, l’homme d’affaires français Xavier Niel a pris 2,5% du capital de Vodafone en septembre, via la société Atlas Investissement, détenue à 100 % par sa holding personnelle NJJ. Il a ainsi rejoint le fonds activiste Cevian, entré au capital en début d’année afin de peser sur sa stratégie et d'amener l'opérateur britannique de télécommunications à restructurer son portefeuille d'actifs. Voyant dans Vodafone "une opportunité d'investissement attractive", Atlas a justifié son investissement par " la qualité du portefeuille d'actifs" de Vodafone et "la solidité des tendances sous-jacentes du marché ". Xavier Niel en est persuadé également : Vodafone peut accélérer sur la réduction de ses coûts et l’amélioration de sa rentabilité, en particulier sur le marché clé allemand. Un marché sur lequel Vodafone était entré au printemps 2018 avec fracas lors du rachat des actifs européens de Liberty Global pour plus de 18 milliards d’euros.

Le diagnostic sur l’importance de l’Allemagne dans le dispositif de Vodafone fait consensus. Comme le souligne la banque UBS dans une récente note, "le redressement en Allemagne est essentiel pour Vodafone", les difficultés rencontrées outre-Rhin ayant obligé mi-novembre le groupe à abaisser sa prévision d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) pour l’ensemble de son exercice 2022-2023, désormais attendu entre 15 milliards d’euros et 15,5 milliards d’euros au lieu d’une fourchette comprise entre 15 milliards d’euros et 15,5 milliards d’euros précédemment.

Pour ce qui est du portefeuille d’actifs de Vodafone en revanche, les incertitudes macroéconomiques actuelles et la hausse des taux d'intérêt risquent de rendre " plus difficile de conclure des opérations ciblées d'une manière qui crée clairement de la valeur pour le groupe", préviennent les analystes de JP Morgan.

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