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Les couacs ressortent sur le projet d'achat de T mobile par Iliad
Le lundi 13 octobre 2014, le couperet était tombé, le board de Deutsche Telecom refusant la seconde offre du groupe coté Iliad pour le rachat de la filiale américaine du groupe de télécommunications allemand, T mobile.
Près de cinq ans plus tard, le destin nous fait revenir sur les conditions du deal puisque Iliad, son ancien directeur général Maxime Lombardini, UBS et son directeur général Christian Lesueur ainsi qu’Alexandre Zaluski, un ancien banquier d'affaires influent de la banque suisse, étaient convoqués ce matin en Commission des sanctions de l'Autorité des Marchés Financiers (AMF).
Iliad aurait retardé de quelques jours la communication au marché de son intérêt pour le quatrième opérateur américain T Mobile, annoncé à la fin du mois de juillet 2014, et Maxime Lambardini aurait profité de la détention de l'information privilégiée pour faire deux opérations de cessions de titres pour le compte de la société de sa femme. UBS aurait également détenu l'information privilégiée du rachat envisagé, se positionnant grâce à cela en tant que leader sur les modalités de financement.
Le 9 juillet 2014, les dirigeants d'Iliad se sont entretenus avec BNP Paribas pour discuter de la structure et du financement du projet. Les banques ainsi mandatées par Iliad avaient fait état d'une projection positive quant à la capacité d'Iliad de faire face à l'endettement nécessaire pour procéder à l'acquisition de T Mobile, y compris dans un scénario où le rachat porterait sur l'intégralité du capital. Aux yeux du rapporteur de l'AMF, le projet était suffisamment défini pour avoir des chances raisonnables d'aboutir, d'autant plus que le board d'Iliad avait autorisé la poursuite de l'opération le 2 juillet pour déposer une offre, date à laquelle le projet concurrent de rachats des actifs de Bouygues Telecom avait été abandonné. Le 17 juillet, un collaborateur d'UBS a mandaté le directeur financier d'Iliad en mentionnant les détails de l'opération : Iliad avait connaissance des fuites mais est restée passive, selon la Commission.
Si ce projet avait été rendu public, il aurait fort probablement provoqué des variations de cours et c'est pourquoi l'information en cause a été considérée comme privilégiée. Iliad a attendu le 31 juillet pour diffuser un communiqué de presse à 18h36 annonceur d'une offre pour le rachat d'une partie du capital de T mobile, contrainte de révéler officiellement l'information après que le Wall Street Journal a dévoilé le projet d'acquisition à 17h43 le même jour.
Iliad aurait laissé perdurer une situation dans laquelle des initiés étrangers au projet de T mobile pouvaient indûment tirer profit d'une information privilégiée. Un communiqué de presse avait par ailleurs été préparé a minima depuis le 15 juillet 2014.
Iliad a annoncé ce matin dans un bref communiqué que le groupe et son PDG Maxime Lombardini rejetaient les griefs de l'AMF. A midi aujourd'hui, le titre accusait un repli de -0,9402 % à 88,5 euros, sous-performant l'indice sectoriel européen (-0,54 %).
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