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Gérard Rameix : l'âme d'un compétiteur
Gérard Rameix aime les chevaux réactifs et qui prennent plaisir à sortir en compétition. Et si sa monture montre une pointe de caractère, cela n’est pas non plus pour lui déplaire. Bien que son poste de Président de l’Autorité des Marchés Financiers soit une fonction à temps plein, cet excellent cavalier trouve au moins sept à huit heures par semaine pour s’adonner à sa passion et s’estime "frustré" lorsqu’il ne peut pas monter lors d’un week-end. Père de cinq filles, ce féru de saut d’obstacles et de technique a transmis ce virus à deux de ses enfants et sort même en concours avec l’un d’entre eux, pour son plus grand bonheur.
Gérard Rameix n’était pourtant, lui, pas destiné par son contexte familial à mettre le pied à l’étrier. Ce qui ne l’a pas empêché de commencer les compétitions dès l’âge de 16-17 ans, après seulement trois ans de pratique. L’homme fort de l’AMF a gravi les échelons, jusqu’à même participer au Jumping International de La Baule dans les années 70. Mais, la vingtaine passée, il arbitre entre cette passion très chronophage et ses études pour préparer des concours d’un tout autre genre : ceux de Sciences Po et de l’ENA.
Néanmoins, la pratique du cheval a continué de lui servir dans sa vie professionnelle. "Un parcours de saut d’obstacles c’est très rapide, environ deux-trois minutes. Vous pouvez tout réussir ou tout perdre en très peu de temps, même si vous vous préparez beaucoup en amont. Ça m’a donné le goût de la compétition", confie Gérard Rameix. Et d’ajouter : "Ce qui est passionnant, c’est qu’il faut s’adapter à son cheval. Les méthodes fixes ne fonctionnent pas. C’est un dialogue. C’est comme en réunion lorsque ça ne passe pas, il est mieux de s’adapter, plutôt que d’asséner des éléments préconçus".
Aujourd’hui, Gérard Rameix continue à taquiner la barre et saute même encore entre 1,20 et 1,35 mètre lorsqu’il sort en concours avec ses deux juments qui, à 12 ans, sont en pleine force de l’âge. Sa race préférée ? Evidemment les Selles Français, bien connus pour leurs performances en CSO (concours de saut d’obstacles). La plupart de ses chevaux viennent de chez son beau-frère, qui fait de l’élevage en Normandie. Mais c’est à Fontainebleau que ses équidés ont élu domicile, au sein des écuries Bost, qui réunissent les meilleurs cavaliers mondiaux et les jeunes espoirs équestres.
Même si le patron du régulateur boursier n’a pas suffisamment de temps pour s’entraîner au niveau auquel il pouvait prétendre auparavant, il a gardé un goût très prononcé pour les concours. "En compétition, je ne perdais pas mes moyens. J’étais même meilleur qu’aux entraînements. C’est une question de caractère mais aussi d’habitude", se remémore-t-il. Il aime également aller soutenir ses très bons homologues et s’est levé à l’aube le 14 juillet pour admirer les professionnels français lors de l’un des plus beaux concours qui soit, celui d’Aix-La-Chapelle. Il croise d’ailleurs sur les terrains d’autres passionnés d’équitation, comme Nicolas Bazire, en charge du développement et des acquisitions chez LVMH, ou encore Marwan Lahoud, directeur général délégué à la stratégie et au marketing d’Airbus.
Gérard Rameix donne également de son temps à des organismes liés à son hobby favori. Il a ainsi répondu présent à l’appel de Stéphane Le Foll qui lui a demandé de s’occuper du comité filière de l’Institut française du cheval et de l’équitation, où il travaille notamment sur les sujets fiscaux et au rayonnement de la filière sport. Il a en outre été "embauché" par la société hippique française -qui fédère les éleveurs de chevaux de selle- où il assure, entre autres, la stratégie de financement. Ses compétences en la matière ont également été appréciées au sein de la Fédération française d’équitation dont il a été le Trésorier. Toutefois, le Président de l’Autorité précise veiller à ce que ces activités annexes n’empiètent pas sur sa pratique de l’équitation qui reste son véritable plaisir.
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