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Publications, Résultats / Iliad / Free / Xavier Niel

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Iliad / Free / Xavier Niel

Iliad, le donneur universel

Le groupe télécoms dirigé par Xavier Niel donne de son tissu vivant à ses concurrents, sur fond de mauvaises performances commerciales et retards d'adaptation.
Xavier Niel
Xavier Niel

L'entreprise initialement vertueuse du milliardaire Xavier Niel - lui qui a su bousculer un oligopole français bien gardé en offrant un cinquième des parts du marché français à Free Mobile - continue de battre de l'aile après un exercice 2018 déjà difficile. Malgré un retour à la croissance de ses ventes en France et une poursuite en Italie, les gains dégringolent.

Sur les six premiers mois de l'année, le groupe de télécoms a engrangé un bénéfice net récurrent de 91 millions d'euros sur la période, en baisse de plus de 60 % sur un an. L'excédent brut d'exploitation ressort à 802 millions d'euros, en baisse de 7,4 %. Bien heureusement, Iliad peut toujours compter sur l'Italie pour faire progresser son chiffre d'affaires d'un peu plus de 8 % à 2,6 milliards d'euros. Il faut le reconnaître, le groupe a su conquérir environ 4 millions d'abonnés en seulement un an et deux mois dans la Botte.

Mais Free, c'est celui que ses concurrents appellent le donneur universel des télécoms tant il a donné pendant des années de son tissu vivant pour transfuser à ses adversaires des milliers d'abonnés, las d'offres caduques ou dysfonctionnelles. Iliad aurait dû faire migrer ses clients avec des offres plus coûteuses que ses abonnements initiaux à très bas prix, mais c'était sans compter les promotions agressives et efficaces de SFR et Bouygues qui ont su reconquérir leurs clients. Sur les six premiers mois de l'année, Iliad voit sa base de clientèle continuer à se replier tant sur le fixe que sur le mobile, perdant respectivement 15.000 et 77.000 clients.

De mauvaises performances commerciales et des retards d'adaptation ont siphonné la base clients d'Iliad, qui commence tout juste à se réveiller avec une revue récente des process industriels de la fibre et le lancement de la Freebox Delta dévoilée en fanfare. Mais pour ce processeur dit puissant, les abonnés ont été déçus du débit illusoire, d'équipements multimédias pas forcément utiles - beaucoup de foyers disposent déjà d'enceinte connectée haut de gamme, d'assistant vocal et d'alarmes - et d'un abonnement bas de gamme à Netflix. Sans parler de tarifs complexes qui mélangent location et achat.

Pour l'arroseur arrosé, dont la valorisation boursière actuelle est proche de ses plus bas historiques et perd encore 2,21 % depuis l'ouverture, son plan de transformation lancé au second semestre 2018 "porte ses fruits" et lui permet d'entrer dans "un nouveau cycle de croissance". Malgré les récents malheurs d'Iliad, son principal actionnaire Xavier Niel et ses équipes restent confiants. Contrairement au propriétaire d'Altice, SFR, il faut reconnaître qu'Iliad n'est pas endetté. Mais comme pour la nouvelle Freebox qui s'est fait attendre pendant près de huit ans, les investisseurs vont finir par perdre patience sur les vieilles promesses : la consolidation en France, la concrétisation du cash-flow et le succès d'une stratégie commerciale.

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