Les patrons qui n'ont pas attendu pour réagir aux annonces de Macron
Stéphane Ricard est un patron impliqué dans le débat public. La semaine dernière, le PDG d'Orange participait à la cérémonie d'ouverture des célébrations de la Déclaration universelle des droits de l’homme au Palais de Chaillot, où il s'est exprimé sur le rôle du numérique. Deux jours plus tard, le dirigeant a interpellé Mathieu Kassovitz via un tweet : "Appeler à 'empêcher les patrons du CAC 40 à rentrer chez eux' ce n’est pas un peu de l’incitation à la violence monsieur Kassovitz ? Vous voulez un nouveau Georges Besse ? Rappelez-moi ce n’est pas Canal + qui vous paye ?", faisant référence aux propos virulents de l'acteur dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes. Hier, Stéphane Richard s'est également servi du réseau social pour rebondir sans intermédiaire sur les annonces de ce lundi d'Emmanuel Macron. "Orange répondra présent à l’effort de solidarité nationale. Il est temps de mesurer nos atouts et de rassembler toutes les bonnes volontés pour repartir de l’avant, en n’oubliant pas le message des gilets jaunes !", a indiqué l'homme fort de l'ex-France Télécom.
Selon nos informations, Orange travaille encore aux modalités de cette réponse. Le groupe attend aussi les explications d'Édouard Philippe, qui devrait fixer les contours des principales mesures sociales énumérées par le chef de l'État : augmentation de 100 euros des salaires au niveau du Smic, exemption de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros par mois, heures supplémentaires payées "sans impôts ni charges", prime défiscalisée et désocialisée. Sur cette fameuse prime de 1.000 euros, cette dernière dépendra du bon vouloir des employeurs. D'ailleurs, le président du Medef l'a rappelé aujourd'hui. "Il faut bien comprendre que ce n'est pas automatique. Les entreprises du commerce qui viennent de passer deux mois catastrophiques, ça sera certainement plus compliqué que dans d'autres secteurs", a déclaré sur Europe 1 Geoffroy Roux de Bézieux.
Du côté de Publicis, pas de suspens. Le groupe a envoyé un communiqué dans la foulée du discours du chef de l'Etat, présenté ainsi : "Une annonce d'Arthur Sadoun, président du directoire de Publicis Groupe, suite à la déclaration du Président de la République". Et le dirigeant apporte une réponse très précise. Il a décidé l’attribution d’une prime de 1.000 euros à tous les collaborateurs du groupe en France dont la rémunération mensuelle est inférieure à 2.500 euros bruts (salaire médian français). Elle sera versée dès le vote de la loi permettant que les collaborateurs ne paient ni impôts ni charges sociales sur cette prime. Arthur Sadoun en a profité pour déplorer les accidents qui ont provoqué de fortes dégradations du Drugstore, le lieu de services mythique du groupe sur les Champs-Elysées, d'ailleurs rattaché physiquement au siège de Publicis. "Nous les condamnons et nous remercions sincèrement nos services de sécurité et les équipes du Drugstore pour leur courage et leur engagement. Soulignons aussi le sang-froid des forces de police qui ont permis d’éviter le pire", commente-t-il.
Les réactions de Stéphane Richard et Arthur Sadoun répondent sans attendre à l'appel lancé par le Président. Si, évidemment ce type d'annonce est bonne pour l'image des entreprises, elles sont surtout très importantes pour leurs collaborateurs et pour l'image que les grands patrons - quand leurs groupes sont en mesure de faire un geste - véhiculent. Qu'ils soient dans des groupes estampillés publics ou privés. Emmanuel Macron a indiqué avoir besoin que "les grandes entreprises" et les Français "les plus fortunés, aident la Nation à réussir", annonçant qu'il les réunirait et prendrait des mesures en ce sens "dès cette semaine". Une déclaration qui, sans plier sur le rétablissement de l'ISF, se veut une réponse à la demande des Gilets jaunes à plus de justice sociale. D'ailleurs, l'ensemble des patrons des grandes banques françaises ont reçu une invitation à se rendre au palais présidentiel à 16 H ce mardi. Il est probable que des annonces s'en suivent.
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