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Private Equity / LBO / Private equity / Dette / Apollo

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EP Energy : le prochain méga LBO à tomber en banqueroute ?

Le fonds de private equity Apollo et ses co-investisseurs sont en position délicate chez EP Energy, un producteur de gaz de schiste qui pourrait faire défaut sur sa dette. En cause le montage financier du LBO, qui rappelle les plus grandes déconfitures de la dernière crise financière.
Private equity gouffre
Private equity gouffre

Le dossier pourrait donner des sueurs froides aux grands fonds de private equity, et leur rappeler les pires heures de la crise financière. Cette fois, c’est Apollo Global Management qui, aux côtés d’un groupe d’investisseurs, doit affronter la situation précaire d’EP Energy, un producteur de gaz de schiste qu’il a racheté en LBO pour 7,15 milliards de dollars en 2012 avant de l’introduire en Bourse 18 mois plus tard. Depuis quelques années, le groupe a subi de plein fouet la baisse des prix du gaz de schiste, liée à l’explosion de la demande. Le mois dernier, il vient de prévenir qu’il risquait de ne pas pouvoir honorer sa prochaine échéance de paiement, sur une dette totale qui atteint 4,25 milliards de dollars.

En 2012, Apollo - qui avait déjà rencontré de beaux succès sur ses premiers investissements dans le secteur, s’est allié au producteur pétrolier coréen (Korea National Oil Corp), l’investisseur Riverstone, Access Industrie le groupe du milliardaire Len Blavatnik et le fonds souverain de Singapour GIC pour mettre la main sur EP Energy, un producteur de gaz de schiste très présent dans les champs à l’ouest du Texas, aux belles perspectives d’avenir. A l’époque, le cours tutoyait les 110 dollars – contre 60 dollars aujourd’hui, et l’argent coulait à flots dans l’énergie. Comme en témoigne le rachat à 7,2 milliards de dollars orchestré par KKR sur le producteur Samson Resources fin 2011, mais qui est tombé en banqueroute à peine quatre ans plus tard, plombé par sa dette.

EP Energy va-t-il connaître le même sort funeste ? Le groupe a levé 704 millions de dollars lors de son IPO début 2014. Car entre temps, les pays de l’OPEP ont décidé cette même année de mener une guerre des prix avec les producteurs de gaz de schiste américains, conduisant à une chute brutale des prix et donc de la rentabilité des acteurs. Aujourd’hui, le groupe a dû déprécier de 1,1 milliard de dollars ses champs d’extraction de l’Ouest texan. Et le titre a été sévèrement passé à tabac : entré en Bourse à 20 dollars, il ne vaut aujourd’hui plus que… 24 cents.

Si bien que la part d’Apollo n’est plus estimée qu’à 50 millions de dollars. Le fonds de private equity s’est certes déjà rétribué sur sa participation : selon le Wall Street Journal, il avait déjà prélevé 750 millions de dollars sur EP Energy avant son IPO. Il a par exemple organisé une remontée de dividende dès 2013, via une émission obligataire de 337 millions de dollars mais qui n’a fait qu’augmenter la dette totale du groupe. Au final, Apollo et les autres actionnaires font face à une perte potentielle de 2,5 milliards de dollars. Un cas de figure qui fait écho aux plus grosses faillites de LBO pendant la crise financière, notamment Energy Futures Holdings (ex-TXU Corp) le plus gros LBO de l’histoire à 45 milliards de dollars en 2007, et qui a déclaré faillite en 2014. Des casseroles qui ont poursuivi les grands fonds de private equity auprès de leurs investisseurs pendant quelques années, ce qu’Apollo souhaite éviter à tout prix.

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