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Une cagnotte à plus de 20 milliards de dollars pour Blackstone
Le chiffre donne le tournis, et rappelle l’âge d’or du private equity : selon Bloomberg, Blackstone devrait avoir levé 20 milliards de dollars pour le premier closing de son huitième fonds LBO, qui aura lieu en mars ou avril. Le CEO fondateur Steve Schwarzman avait déjà annoncé la couleur à l’été dernier, lorsqu’il avait projeté que le prochain "super-cycle" de collecte porterait la firme à plus de 500 milliards de dollars sous gestion, contre près de 440 milliards à fin juin 2018.
Ce montant, qui ne sera pas la taille définitive du fonds, est tout proche du plus gros fonds jamais levé par Blackstone, soit 21,7 milliards de dollars en plein pic de marché en 2007. Un niveau qu’il n’a pas réussi à reproduire depuis, puisqu’après la crise Lehman, le groupe a dû faire quatre ans de roadshows avant de boucler un fonds de 16 milliards de dollars. Le dernier véhicule en date a été closé fin 2015 et Blackstone n’a pas tardé à renouer langue avec ses Limited Partners moins de trois ans plus tard, alors que son fonds n’était encore investi qu’à 56 %.
Les mastodontes du private equity profitent ainsi de l’appétit toujours insatiable des investisseurs pour la classe d’actifs. Les levées de fonds dans le private equity ont atteint un record historique dans le monde en 2017, à 453 milliards de dollars, et ont quasiment reproduit cette performance en 2018. Les Limited Partners sont toujours aussi enthousiastes pour une classe d’actifs, certes illiquide mais qui ne subit pas les soubresauts de marché et a constamment délivré des rendements supérieurs aux indices sur le long terme.
Mais le private equity montre aussi des signes de maturation, qui profitent aux acteurs les plus grands et établis. Depuis plusieurs années, les investisseurs souhaitent de plus en plus limiter le nombre de gérants qu’ils financent, et profiter de relations privilégiées avec ces derniers, ainsi que des opportunités de co-investissements ou de mandats dédiés. Les Blackstone, KKR, Carlyle & co en ont tiré parti ces dernières années, mais malgré des millésimes solides en termes de deals, n’arrivent pas à mettre tout cet argent au travail. Blackstone avait ainsi 113 milliards de dollars de "dry powder" à fin 2018, soit des capitaux levés mais pas encore investis. Et cette montagne d’argent disponible ne fait que grandir dans une classe d’actifs, à plus de 2.000 milliards de dollars fin 2018 selon Preqin, d’autant que les prix atteignent eux aussi des niveaux record.
Pour toutes ces raisons, le marché des levés de fonds pourrait avoir atteint un pic, et commencer à refluer en 2019, selon les estimations de Preqin. Car dans un marché où les valorisations ont retrouvé des multiples historiques du fait d’une concurrence acerbe, les fonds ont de plus en plus de mal à générer des rendements aussi satisfaisants que dans le passé. Dans ce contexte, "en raison des inquiétudes sur une correction de marché dans l’esprit de nombreux investisseurs et une baisse de la liquidité, les investisseurs devraient être prudents sur où et avec quelles firmes ils déploient leur capital", a conclu Preqin.
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