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IPO / Verallia / Apollo / LBO / IPO / Saint-Gobain

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Verallia / Apollo / LBO / IPO / Saint-Gobain

Verallia, la plus grosse IPO française depuis 2017 ?

Le fonds de private equity Apollo a mandaté Lazard pour préparer une sortie en Bourse du spécialiste des bouteilles en verre Verallia. Il pourrait s’agir de la plus grosse IPO française depuis juin 2017, valorisée à plus de 4 milliards d’euros, un défi d'envergure dans un marché à l'arrêt.
Verallia
Verallia

Bien sûr, il ne s’agit pas des volumes américains d’IPO, où Lyft vient d’être valorisé plus de 20 milliards de dollars et Uber pourrait viser les 120 milliards. Mais à l’échelle française, l’opération en préparation est de grande envergure : selon les sources proches du dossier, le fonds de private equity Apollo préparerait l’entrée en Bourse du verrier Verallia, pour laquelle il a mandaté la banque Lazard. Le conseil serait en train de sonder les banques teneuses de livres, afin de choisir celles chargées du placement en mai, pour une IPO en septembre ou à l’automne 2019. Selon les estimations, elle pourrait valoriser cette ancienne division de Saint-Gobain à plus de 4 milliards d’euros.

Fondé en 1827, Verallia est le troisième producteur mondial de l’emballage en verre pour boissons et produits alimentaires, qui a écoulé plus de 16 milliards de bouteilles et pots en 2018 et est notamment le principal fournisseur des marchés du cognac et du champagne en France. Celle qui était à l’origine la filiale de conditionnement de Saint-Gobain et est rebaptisée Verallia, a fait l’objet d’un spin-off en 2010 et devait déjà être introduite en Bourse en juin 2011. La maison-mère cherche alors à lever près d’1 milliard d’euros mais malheureusement, elle tombe en pleine onde de choc des marchés en raison de la crise grecque dans la zone euro, et le groupe de Pierre-André de Chalendar doit renoncer à cette IPO.

La filiale, qui n’emploie pas moins de 10 000 personnes, ne sortira au final du giron de Saint Gobain qu’en 2015, lorsqu’elle est vendue à 90 % à Apollo (et 10 % à bpifrance) pour près de 3 milliards d’euros. Et elle a continué de progresser puisqu’elle a dégagé un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros l’an passé, pour 544 millions d’euros d’Ebitda l’an passé. Sur cette base, l’IPO pourrait valoriser le groupe entre sept et huit fois son Ebitda attendu, soit un multiple comparable avec ses pairs cotés du secteur.

Cette IPO est un sacré challenge pour le marché français, puisque la seule autre opération d’envergure, celle du transporteur Gefco – ancienne filiale de PSA – a dû être reportée fin janvier. Si bien que pour le moment, seule une IPO a vu le jour à Paris cette année : celle d’Arcure, qui a levé 8 millions d’euros, et ne vaut que 33 millions d’euros en Bourse, selon Dealogic. La plus importante entrée en Bourse récente était celle de l’ancienne filiale de financement automobile de Société Générale, ALD, qui a levé 1,1 milliard d’euros en juin 2017. Mais le titre est depuis retombé sous son prix d’IPO en raison de la pression sur ce marché et de l’abandon de la cotation de son concurrent néerlandais LeasePlan.

Autre défi à affronter : le profil LBO de Verallia. Le groupe a joué les bons élèves en lançant ce mois-ci le remboursement anticipé de sa dette, qui à 1,7 milliard d’euros, atteint un multiple raisonnable d’un peu plus de 3 fois l’Ebitda. Mais les récentes IPO de participations de fonds ont pour certaines conduit à de piètres performances, à l’instar en France d’Europcar, détenu par Eurazeo et qui a vu son titre chuter de 40 % depuis son IPO de 2015. Les conseils et banques devront donc déployer leur savoir-faire pour faire de Verallia une sortie réussie en Bourse qui pourrait, enfin, susciter d’autres vocations.

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