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Wendel / Eurazeo / Saint-Gobain / Bureau Veritas
Wendel en panne d’inspiration
Pendant des décennies Wendel et Gaz et Eaux (devenu Eurazeo) ont fait la course à l’échalote. Les investisseurs surveillaient au jour le jour leur décote par rapport à la valeur réelle de leurs participations. Et surtout, elles jouaient un rôle actif dans la reconfiguration du capitalisme français. Depuis l’épisode Saint-Gobain chez Wendel, et la disparition de l’intuitu personae des dirigeants de Lazard chez Eurazeo, les deux sociétés se cherchent un nouveau modèle.
Eurazeo a opté pour un développement vers la gestion d’actifs tous azimuts, notamment pour compte de tiers. À la manière d’un Ardian qui serait coté. Utilisant, avec plus ou moins de succès, toutes les possibilités qu’ouvrent les classes d’actifs alternatifs. Wendel est resté moins aventureux en se concentrant sur les participations non cotées à forte connotation industrielle et en restreignant les lignes de son portefeuille. Désormais elle est concentrée sur sept participations contre 13 au début de l’année dernière. Avec le souhait manifeste de réduire ses intérêts dans les deux sociétés cotées où elle est encore présente : Bureau Véritas et Saint-Gobain comme en témoignent les ventes de titres intervenues l’an passé et au début d’année.
Il reste que le bilan de cette refondation entamée par André François-Poncet est encore difficile à apprécier. Comme en témoigne l’évolution de l’actif net réévalué qui a chuté de 16,4 % au cours de l’année passée, tant en raison de la baisse des actifs cotés que de celle des actifs non cotés. En revanche le nouveau patron de Wendel a accéléré la réduction de la dette nette qui ne représente plus que 442 millions d’euros et qui est un mauvais souvenir pour les actionnaires familiaux.
Le portefeuille de Wendel est de bonne qualité. Il est solidement investi dans de vraies entreprises industrielles qui bénéficient toutes d’un avantage compétitif. Ce qui devrait se traduire par une création de valeur à 5 ou 7 ans. Mais la holding semble manquer d’inspiration. D’où son choix – sûrement intelligent sur le plan financier – de racheter ses propres actions à hauteur de 200 millions d’euros, dès lors que les autorités boursières auront accordé une dérogation. C’est aussi un moyen pour Wendel de solidifier son actionnariat à l’approche de l’échéance des pactes Dutreil. Mais cela ne témoigne pas d’une société riche en projets d’investissements.
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