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Pierre André de Chalendar / Saint-Gobain

Chalendar fait la révolution

Le patron de Saint-Gobain fait faire à son Groupe, vieux de près de quatre siècles, une triple révolution : en termes d’organisation, de digitalisation, et sur le plan humain en désignant un numéro deux. Un cocktail qui va permettre à Saint-Gobain de créer de la valeur pour tous ses actionnaires en étant un groupe plus agile, plus rentable, et plus mondial.
Pierre-André de Chalendar - Saint-Gobain
Pierre-André de Chalendar - Saint-Gobain

On a longtemps fait le reproche à Saint-Gobain de ne pas créer de la valeur, voire d’en détruire. Je me souviens des diatribes violentes de Claude Bébéar à l’encontre de la manière dont Jean-Louis Beffa gérait Saint-Gobain au début des années 2000. Et ce n’est pas un hasard si, Jean-Bernard Lafonta, alors président du directoire de Wendel, et protégé de l’ancien patron d’AXA, a voulu secouer la maison Saint-Gobain en tentant, au plus mauvais moment, une incursion au capital du groupe, avec la ferme intention de le casser et de le vendre par petits morceaux.

Cette crise a naturellement beaucoup frappé les esprits en interne. Et elle n’a pas été oubliée par Pierre-André de Chalendar qui, à la différence de Jean-Louis Beffa, n’est pas un ingénieur, mais un inspecteur des finances. Depuis plusieurs années il s’interrogeait sur la meilleure manière de faire la révolution sans traumatiser ce groupe créé sous Colbert. La baisse du cours depuis le début de l’année, en dépit de fondamentaux solides l’a décidé en juillet dernier à plonger Saint-Gobain dans une triple révolution : en termes d’organisation, en termes de digitalisation et en termes humains, avec un tout nouveau comité exécutif (voir notre dépêche de WanSquare Executives).

Cette révolution s’appuie sur un point de départ qui réside dans la cession d’activités pas assez rentables représentant 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et sur une nouvelle organisation par zones géographiques et non plus par produits. Ce qui va favoriser les synergies. De fait, le groupe compte réaliser 250 millions d'économies supplémentaires d'ici 2021 et accélérer la rotation de ses actifs, des mesures dont il attend un effet positif sur la marge d'exploitation de plus de 100 points de base à un horizon de trois ans.

Le plan, annoncé ce matin, prévoit aussi le lancement de dix nouvelles cessions, en ligne avec le programme visant à céder au moins trois milliards d'euros de chiffre d'affaires d'activités moins performantes avant la fin 2019. Le groupe a annoncé lundi avoir finalisé la vente du site chinois de canalisation de Xuzhou pour environ 200 millions d'euros et avoir enclenché un processus similaire pour la distribution bâtiment en Allemagne (1,9 milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2017) et pour l'activité carbure de silicium (120 millions d'euros de CA 2017).

Toutes ces annonces ont plus que satisfait le marché. Puisque l’action Saint-Gobain gagnait 5 % en début de matinée avant de faire l’objet de quelques prises de bénéfices. "À première vue, cette annonce est positive pour le titre avec notamment une place plus importante prise par Benoit Bazin et des économies de coûts qui paraissent réelles", commente Oddo dans une note. Sur les 20 analystes qui suivent de près le titre, 19 sont à l’achat avec un objectif de cours moyen de 47,10 euros, supérieur de 43 % au cours actuel. Il ne reste plus à Pierre-André de Chalendar qu’à réussir l’implémentation de son plan après avoir remarquablement bien élaboré sa conception.

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