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Feuilleton de l'été / Julie Bonamy / Saint-Gobain

Feuilleton de l'été
Julie Bonamy / Saint-Gobain

Julie Bonamy : de la start-up Macron à l'univers décuplé de Saint-Gobain

Cette inspectrice des Finances a travaillé en cabinet à Bercy avant de participer à la campagne présidentielle aux côtés d’Emmanuel Macron. A 33 ans, elle est aujourd’hui directrice de la Stratégie et du Plan chez Saint-Gobain et rêve déjà un peu d'étranger.
Julie Bonamy
Julie Bonamy

Julie Bonamy a pris ses quartiers chez Saint-Gobain à l’été 2017. Cette femme énergique de 33 ans a rejoint pour la première fois le privé, après un début de carrière dans la fonction publique. A Bercy, elle a pu assouvir ses envies de macro-économie. Dans son nouveau groupe, c’est la microéconomie qu’elle appréhende désormais, bien qu’avoir une vraie connaissance globale s’y impose. Celle qui a œuvré auprès d’Emmanuel Macron, à Bercy mais aussi pendant la campagne présidentielle, est heureuse d’apporter sa pierre à la plus ancienne entreprise du CAC 40, qui a su sans cesse innover pour rester vivante. Si la petite musique française sonne assez juste depuis l’élection de son ancien patron, cela ne fait pas tout : "Le contexte est important : il y a un regain de confiance et les indicateurs s’améliorent. Les entreprises participent à la réindustrialisation. Le gouvernement ne peut pas tout faire tout seul. Et je suis heureuse de travailler pour un groupe qui parie sur son pays".

C’est à Sciences Po, que celle qui a aussi étudié l’histoire à l’université de la Sarre, a développé son goût pour la macro et la microéconomie. Lors d’un stage à l’Inspection des finances, cette Lyonnaise d’origine s'est retrouvée aux côtés d'Emmanuel Macron, qui lui-même était rapporteur général adjoint de la commission Attali. Après son passage à l’ENA (promotion Robert Badinter, 2011), et un stage auprès de Pascal Lamy à l’OMC, Julie Bonamy réintègre l’Inspection où elle restera pendant quatre années. Elle y apprendra la rigueur, via des missions de trois à six mois qui lui font découvrir le terrain. "On ne reste pas dans notre tour d’ivoire. On va sur le terrain, on rencontre les personnes concernées. Il faut prendre en compte l’environnement, la culture de l’entité auditée", explique-t-elle. C’est aussi là que Julie Bonamy développera sa capacité d'innovation : "Bien que l’Inspection des finances soit une vieille institution, elle a toujours été très innovante. Si l’inspection est requise, c’est qu’il y a des choses à améliorer et on attend de vous de proposer des solutions nouvelles. On a un peu un rôle de consultants".

C’est à nouveau aux côtés d’Emmanuel Macron, alors locataire de Bercy, que Julie Bonamy poursuivra sur sa lancée. D’abord en tant que conseillère consacrée à la loi Macron, avant de se concentrer sur les sujets liés au budget et au numérique. De son premier poste, où elle a suivi "une loi de A à Z", elle se souvient des milliers d’amendements déposés parfois au-delà du raisonnable, de rapports de force ou encore des débats jusque tard dans la nuit. Elle met également en avant les qualités d’Emmanuel Macron : "Il écoutait vraiment les autres et nous poussait à trouver de nouveaux angles s’il le fallait. Il ne voulait pas entendre, par exemple, qu’une mesure n’était politiquement pas envisageable, mais à quelles conditions, au contraire, elle pouvait le devenir". En tant que conseillère budget et numérique, Julie Bonamy a aussi planché sur la loi Macron 2, qui "n’a pas survécu à l’équilibre politique de l’époque".

La vie faisant parfois bien les choses, Julie Bonamy met au monde une petite-fille à l’été 2016, période où Emmanuel Macron quittera son poste de ministre de l’Economie. La jeune femme reviendra quelques temps à l’Inspection des finances, mais fera aussi et surtout partie d’ "une start-up". C’est-à-dire du noyau dur d’En Marche! en vue de l’élection présidentielle. Elle se penchera alors sur les sujets du numérique et des réformes structurelles.

Le côté innovant qu’elle a connu dans sa vie publique, Julie Bonamy l’a depuis retrouvé chez Saint-Gobain. En effet, après avoir servi l’Etat et aiguisé ses connaissances sur la partie macro, Julie Bonamy s’est lancée à la recherche d’un projet dans le monde privé. Et c’est le groupe industriel de Pierre-André de Chalendar, dont elle dit partager les valeurs, qui a retenu son attention. Avec sa casquette Stratégie et Plan, Julie Bonamy profite d’une vue d’ensemble sur l’entreprise. Elle concentre une partie de son temps à la revue annuelle estivale de la stratégie de ce groupe qui vit au rythme de plans à trois ans. "Ici, on propose une orientation et une stratégie en fonction de ce que remontent les business", explique celle qui est également membre du comité de direction générale et participe aux Comex. Depuis son arrivée, la dirigeante est allée sur le terrain, que ce soit en France ou à l’étranger. "Rien ne vaut d’aller voir une usine ou un point de vente. On vous y parle autrement des enjeux, c’est passionnant. Sans cela, la fonction est désincarnée", poursuit Julie Bonamy.

Si aujourd’hui, elle touche aux réflexions sur les opérations de M&A, au numérique, ou encore aux études économiques, Julie Bonamy entend pouvoir profiter des évolutions offertes par Saint-Gobain. Actuellement, la directrice occupe un bureau d’angle ayant en partie vue sur la tour qu’est en train de se faire construire le groupe à la Défense. Si cette incarnation du futur et le panorama sur la ville de Paris lui plaisent, son mari et elle ont pour projet de travailler à l’étranger dans le futur. Car en rejoignant Saint-Gobain, Julie Bonamy, qui parle quatre langues, avait envie d’international, d’opérationnel et de management. Pour ce faire, elle pense à l’Asie ou encore depuis plus récemment au Brésil. "J’aimerais beaucoup partir à l’étranger et je suis sûre qu’avec Saint-Gobain cela se passera très bien."

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