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Blackstone assume le « bigger is better »
Blackstone est plutôt du genre discret et a attendu quatre ans avant d’organiser une nouvelle journée dédiée aux investisseurs, à l’hôtel Plaza à New York vendredi dernier. Et le discours adopté par Jonathan Gray, le président et COO de la firme, montre bien à quel point cette industrie est encore gouvernée par la course à la taille, qui passe aussi par la diversification et le déploiement du capital long terme. Dans une interview à Bloomberg, ce dernier a justifié l’importance de la croissance des actifs sous gestion, qui ont grimpé de 120 milliards sur un an, à près de 450 milliards de dollars à l’heure actuelle. "La taille est importante, elle nous aide à nous diversifier sur de nouveaux segments, et ainsi à générer toujours de meilleurs rendements pour nos investisseurs", a-t-il plaidé. Qui le lui rendent bien puisque le titre a gagné plus de 20% depuis le début de l’année.
En raison de cette liquidité en faveur du non coté, Blackstone est aussi concerné par le phénomène du "dry powder", c’est-à-dire les capitaux levés mais pas encore déployés par les fonds – qui se montent à 88 milliards de dollars. Cela représente avec l’effet de levier un potentiel d’achat immense, mais ce n’est pas un sujet aux yeux de John Gray, qui assure que le groupe saura patienter avant d’investir si le marché devait être chahuté.
En revanche, la diversification reste un axe majeur de la stratégie de la firme dirigée par Steve Schwarzman, qui a annoncé de nouveaux projets dans les sciences de la vie, la tech et même une accélération en Asie qui, fait valoir le COO, croît 2,5 fois plus vite que le reste du monde. Il a d’ailleurs levé deux fonds dans la région en juin dernier, qui totalisent une force de frappe de 9,4 milliards de dollars. Et cherche à se renforcer sur le capital à long terme, qui offre des perspectives de revenus plus récurrents et fiables que les fonds classiques, avec leurs management et performance fees. A 30 milliards de dollars sous gestion aujourd’hui, le capital permanent pourrait doubler d’ici quelques années et générer quelque 1 milliard de dollars de revenus selon John Gray, contre 250 millions à l’heure actuelle.
Au global, Blackstone voit grand, très grand : 1000 milliards de dollars d’actifs gérés d’ici huit ans, grâce à la hausse des poches retail (pour 200 milliards de dollars) mais aussi l’assurance. Mais cela sera encore bien loin du géant BlackRock, leader mondial de la gestion d’actifs avec 6 300 milliards de dollars sous gestion. De son côté, Blackstone participe aussi à la concentration du secteur à sa manière, puisqu’il compte lever un deuxième fonds prenant des parts dans des fonds de private equity, immobilier et infrastructure. Après avoir investi la majorité de son véhicule de 3,3 milliards de dollars bouclé en 2014, il ambitionne de collecter le même montant pour son deuxième millésime.
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