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Quand le plus gros fonds de private equity au monde mise sur la France
C’était l’un des dossiers chauds du LBO en France, en ce début d’été. Ce lundi, Blackstone a annoncé le rachat d’Averys, un fabricant de solutions de stockage et de rayonnages métalliques pour les entrepôts, auprès d’Equistone Partners Europe. Ce dernier, qui avait pourtant mis la main sur le groupe il y a seulement trois ans et demi, a tiré parti d’un environnement particulièrement bullish sur le private equity, où les fonds sont prêts à mettre la main au portefeuille, sur les conseils de Rothschild. Acheté à LBO France pour 260 millions d’euros, Averys a vu son Ebitda passer de 40 à 75 millions d’euros sur cette période, et vaudrait désormais près de 700 millions d’euros pour ce LBO ter.
Blackstone, et notamment le senor managing director Juergen Pinker en charge du deal, a su s'appuyer sur son expertise immobilière pour cette acquisition, et se démarquer de l’intense concurrence actuelle avec son exposition sur le segment des entrepôts. Il a ainsi construit un leader européen en Europe avec Logicor, vendu au fonds souverain chinois CIC en juin 2017 mais dont il a ensuite repris 10%. De quoi assurer de belles opérations de consolidation à la cible, dont la dernière acquisition en date -celle du portugais Storax en mars dernier- lui a ouvert les portes de l’Europe du sud. Mais le marché reste encore très fragmenté et offre de belles opportunités pour Averys, surtout avec un actionnaire aux poches profondes, dont le prochain fonds européen sera au moins égal au précédent, à 18 milliards de dollars.
Car Blackstone, dont l’équipe d’investissement est certes basée à Londres, regarde de très près les dossiers français, dont la charge revient désormais au principal Mathieu Cransac. Le fonds de private equity a eu une très belle dernière expérience, avec Alliance Automotive Group, un distributeur de pièces automobiles basé en France et en Grande-Bretagne, qu’il a revendu à un industriel américain pour 2 milliards de dollars dette comprise, soit plus de trois fois le prix qu’il avait mis seulement trois ans auparavant.
Cet exemple est en tout cas marquant de l’appétit renouvelé des grands fonds anglo-saxons pour la France, qui profite de l’effet Macron et du recentrage post-Brexit. Autre dossier marquant : KKR, qui a signé un accord avec Altice le mois dernier pour racheter une part minoritaire de 49% de ses tours télécoms en France, valorisées 3,6 milliards d’euros. Ce qui montre que le private equity est plus que jamais à l’affût d’actifs réels pour capitaliser sur le rebond du marché européen.
Autre dossier chaud du moment sur le LBO français : la vente du fabricant de jeux Asmodee par Eurazeo, une success story construite elle aussi à coup d’acquisitions, et a vu son Ebitda passer de 14 millions d’euros en 2013 à 100 millions cinq ans plus tard. Une sortie qui devrait susciter de forts intérêts et générer une très belle culbute pour le groupe dirigé par Virginie Morgon.
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