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Feuilleton de l'été / Mathieu Cransac / Portrait / Blackstone

Feuilleton de l'été
Mathieu Cransac / Portrait / Blackstone

Mathieu Cransac, Blackstone : de l’Aveyron au leader du private equity mondial

Issu d’une famille de professeurs, Mathieu Cransac a fait ses classes à l’Essec, où la Junior Entreprise lui a donné le goût de l’ambition. Attiré par le private equity, il trouve des stages à Londres, et évite ainsi la case banque d’investissement pour entrer dans le plus prestigieux d’entre eux, Blackstone.
Mathieu Cransac
Mathieu Cransac

Dans un monde de jeunes parisiens voués à une carrière à la City depuis le plus jeune âge, Mathieu Cransac dénote. Un léger accent du Sud, en raison de ses racines aveyronnaises nous apprend-il. Fils d’un professeur, le garçon n’était pas vraiment destiné à la finance mais a été très tôt formé à l’école républicaine, incité à rendre fier sa famille. Il arrive à Paris pour une prépa, une très belle expérience selon lui, où il trouve un environnement porteur et stimulant, où de belles amitiés se forgent.

Le jeune étudiant entre alors à l’Essec et se retrouve confronté à une question épineuse, celle de son avenir professionnel. En parallèle, cet adepte des études boucle un master de droit des affaires à la Sorbonne pour se garder cette option. Il faut dire qu’il n’est pas vraiment formaté : dans sa lettre de motivation pour un stage d’été, il confond deux grandes banques anglo-saxonnes, mais entre ensuite dans la Junior Entreprise de l'école. "Une expérience sérieuse, qui m’a bien orienté car les étudiants étaient proches et assez ambitieux", se souvient-il.

Dans ce contexte, il se retrouve à faire quelques due diligences pour le private equity, qui fleurit pendant la période pré-Lehman, et s’intéresse à l’industrie. "J’ai choisi la chaire private equity à l’Essec, et j’ai trouvé intéressant de cumuler la structuration financière de la banque, l’aspect conseil mais aussi d’investissement", explique celui qui a très tôt décidé d’en faire sa carrière. Tout en continuant à pratiquer l’aviron, où il participe aux championnats de France. Pour ce faire, il faut en principe passer par la case banque d’investissement mais il arrive à Londres à l’été 2008, "Hiroshima, 2 minutes avant la bombe". En septembre, il commence un stage dans le fonds de private equity de Goldman Sachs, où une grande partie du floor est remercié au bout d’une semaine.

Après un autre stage chez Cinven, il candidate pour un poste d’analyste chez Blackstone. Le process est ardu : deux jours de 6 à 7 entretiens chacun, et un montage LBO à réaliser sur papier, mais il parvient à entrer directement dans un fonds, sans être passé par la banque. La période est compliquée pour ces derniers, mais il finit par boucler ses premiers deals, comme Center Parcs en Grande-Bretagne qui est refinancé début 2012, ou encore United Biscuits (BN, Delacre etc) aux côtés de PAI Partners, dont la division snacks est vendue en 2012 puis le reste deux ans plus tard. Parmi les souvenirs marquants : Alliance Automotive à Alger, un actif de petite taille pour Blackstone mais grâce à qui il consolide le marché des pièces détachées en Europe et qu’il revendra à GPC, avec une très belle culbute : 5 fois sa mise.

Tout récemment, Mathieu Cransac a bouclé la reprise d’Averys, un fournisseur de solutions de stockage pour les entrepôts, auprès d’Equistone pour près de 700 millions d’euros. "Ce deal montre que nous avons su construire une conviction en partenariat avec nos équipes d’immobilier, cela nous a donné la faculté de se démarquer", analyse-t-il. Et sur les prix stratosphériques des actifs ? "En 2008-2010, les actifs n’étaient pas chers mais le financement était très compliqué et le sentiment très négatif. Aujourd’hui, tout est cher et concurrentiel, au final il est toujours difficile de faire des deals", conclut-il, malicieux. Il en sait quelque chose, lui qui est depuis devenu principal et a pris la responsabilité du sourcing sur le marché français en début d’année.

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