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Les ambitions intactes de Warburg Pincus
Moins d’argent pour le private equity ? Après un premier semestre certes plus calme du côté des levées de fonds, les grands mastodontes du métier démontrent qu’ils sont plus ambitieux que jamais. C’est aujourd’hui le cas de Warburg Pincus, qui a déposé un document à la SEC indiquant qu’il avait pour intention de lever un treizième fonds global de 13,75 milliards de dollars, intitulé cette fois "Global Growth" afin de ne pas utiliser ce chiffre par superstition. Ce montant est encore plus élevé que les 13,4 milliards qu’il avait collectés en 2015, et juste derrière le véhicule record de 15 milliards amassé en 2007, en plein pic de marché.
En parallèle, le fonds dirigé par Charles Kaye et Joseph Landy fait également montre de ses ambitions en Chine, puisque selon Reuters, il serait également en train de préparer des roadshows pour lever un fonds de 4 milliards de dollars dédié au pays, et devrait se lancer en début d’année prochaine. Pour rappel, Warburg Pincus a déjà fait parler de lui lorsqu’il a participé au tour de table de 14 milliards de dollars d’Ant Financial, la plus grande plateforme de paiement mobile chinoise, soit le plus important tour de table jamais réalisé par une société privée. Il compte aujourd’hui tirer parti de l’appétit des Limited Partners pour la deuxième économie mondiale : selon Preqin, les fonds focalisés sur l’Asie ont collecté un total de 49 milliards de dollars depuis le début de l’année, en hausse de près de 30% sur un an à la même période. Parmi les fonds américains, Blackstone et KKR sont les plus en pointe dans l’Empire du Milieu, chacun ayant constitué un trésor de guerre de plus de 9 milliards de dollars dans le pays levés en 2018 et 2017 respectivement.
Les objectifs de Warburg Pincus, qui détient 47 milliards de dollars sous gestion, montrent une fois de plus que les grands mastodontes n’ont pas à s’inquiéter du ralentissement des levées de fonds dans le non coté. Bien au contraire, car les Limited Partners ont tendance à réduire le nombre de relations avec leurs gérants, au bénéfice des acteurs les plus établis et diversifiés. Selon Preqin, la classe d’actifs a levé 121 milliards de dollars au troisième trimestre, certes en hausse sur les 96 milliards du trimestre précédent, mais en baisse de 15% sur un an. Et c’est notamment Carlyle, qui avec un fonds closé à 18 milliards de dollars, a porté les statistiques, si bien que les 10 plus gros fonds ont amassé 55% du total.
Ces quelques "happy fews" ont donc les moyens de leurs ambitions, et en profitent : Apollo a closé le plus gros fonds de l’histoire à 24,9 milliards de dollars l’an passé, suivi par Carlyle à l’été dernier (18,5 milliards de dollars) ou encore Hellman & Friedman (16 milliards) le mois dernier. Courtisés, ils ont aussi plus de latitudes en termes de fees, et en profitent pour augmenter leur rémunération. Hellman & Friemdan a ainsi augmenté les management fees une fois la période d’investissement terminée, de 0,75% à 1,25% des fonds gérés, tout comme Blackstone. TPG Capital a quant à lui réduit la décote offerte aux premiers entrants dans ses roadshows. Tout cela devrait donner des idées à Warburg Pincus.
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