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Fed discours Powell

Politique monétaire / Fed / Jerome Powell / Politique monétaire / Dette

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Fed / Jerome Powell / Politique monétaire / Dette

Fed : un optimisme qui inquiète

Le président de la Réserve Fédérale, Jerome Powell, s'est montré très - trop - rassurant hier concernant les risques de l'endettement des entreprises américaines, peu comparables aux subprimes selon lui. Un optimisme qui n'est pas partagé par tous.
Jerome Powell
Jerome Powell

Lors d'une conférence sur les marchés financiers en Floride hier, le président de la Réserve Fédérale Jerome Powell s’est exprimé sur les orientations de politique monétaire et sur l’endettement des entreprises privées aux États-Unis. La réflexion centrale était bien sûr celle des taux d’intérêt. Si la Réserve Fédérale déclare ne pas être en mesure de comprendre pleinement la faiblesse de l’inflation alors même que l’économie américaine est au plein-emploi, elle redoute néanmoins d’abaisser son taux directeur de façon exagérée, au risque d'inciter les acteurs privés à l’endettement.

Car le sujet de l'endettement privé est d'ailleurs particulièrement prégnant aux États-Unis où, selon la Fed de Saint-Louis, les emprunts des entreprises américaines avaient atteint 72 % du PIB en juin 2018, soit le deuxième record historique. À fin 2018, les entreprises américaines avaient même accumulé 9.000 milliards de dollars de dette, contre 4.900 milliards en 2007, ce qui les rend très fragile à un éventuel scénario de remontée des taux.

Pourtant, Jerome Powell s'est montré plutôt serein sur le sujet hier, lorsqu'il a déclaré qu' "assimiler le gonflement actuel de la dette des entreprises à des niveaux sans précédent aux conditions du marché immobilier américain, juste avant que ne se déclenche la crise économique de 2007-2009, n'est pas forcément pertinent". Le président de la Réserve Fédérale a jugé que le niveau de dette des entreprises était cohérent avec la croissance économique et que le système financier serait, aujourd’hui, mieux à même d’absorber les pertes. Il se montre ainsi bien plus rassurant que sa prédécesseure Janet Yellen, qui avait à plusieurs reprises tiré la sonnette d'alarme sur la hausse continue de l’endettement privé depuis 2012.

Son discours cultive néanmoins l’ambiguïté : d’une part, il semble soutenir l’idée que le système financier est nettement plus résilient qu’à la veille de la crise des subprimes. D’autre part, "le financement est pour l'essentiel trouble, extérieur au système bancaire", fait-il valoir, faisant référence au "shadow banking", et l'opacité des sources de financement comme des détenteurs finaux est un sujet d'inquiétude.

Sa position dénote avec celle de son collègue de la Fed, Lael Brainard, et devrait surtout être largement critiquée par certains candidats à la présidentielle de 2020, à l'instar d'Elizabeth Warren.

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