Taux - Dette Souveraine / Agence France Trésor / Dette
Taux - Dette Souveraine
Agence France Trésor / Dette
L'AFT continue de bénéficier de taux au plus bas
En pleine vacances d'été, l'Agence France Trésor a tout de même réussi à réaliser une belle émission de long terme ce matin, et levé pour 6,32 milliards de titres, soit dans le haut de la fourchette de ce qu'elle comptait émettre (elle espérait lever entre 5,5 et 6,5 milliards), et à des taux toujours aussi bas. L'AFT a ainsi émis pour 2,4 milliards d'obligations à échéance avril 2029 à un rendement de 0,74%, pour 1,58 milliard de titres mai 2031 assorties d'un taux de 0,98% et pour 2,36 milliards d'OAT mai 2036 à un taux de 1,28%. Si la demande a été un peu moins forte que lors de la dernière émission de même échéance le 7 juin dernier, avec un taux de couverture de 1,36 fois contre 2,01 il y a deux mois, l'AFT a en revanche bénéficié de taux en baisse : début juin les titres de même échéance avaient été émis à 0,86%, 1,08% et 1,37%.
L'annonce du calendrier du tapering par la BCE mi-juin, qui a notamment précisé qu'elle ne relèverait pas ses taux directeurs avant l'été 2019 au moins, a contribué à faire baisser les rendements souverains de l'ensemble de la zone euro depuis deux mois, les investisseurs étant rassurés sur le retrait très progressif de Francfort. Du coup, le dix ans français, qui s'échangeait encore autour de 0,8% début juin, se traitait aujourd'hui à 0,67%, après avoir atteint un plus bas de 0,56% le 19 juillet.
Le gouvernement devrait donc cette année encore bénéficier de taux très bas, et ainsi d'une charge de la dette estimée aux alentours de 41,20 milliards d'euros selon le PLF 2018, soit environ le même niveau qu'en 2017 (où la charge avait atteint 41,7 milliards). Rappelons que les titres français se traitent encore à des taux négatifs jusqu'à échéance 5 ans, qui s'échangeait aujourd'hui à -0,039%. Les investisseurs en dette française, majoritairement étrangers (54,50% de la dette de l'Etat est détenue par des non-résidents) sont donc prêts à ne recevoir qu'un rendement moindre voire à payer pour conserver leurs titres français, contre la garantie de posséder des obligations considérées comme sûres. Preuve que les titres français sont encore regardés comme des valeurs refuge, au même titre que les Bund allemands et les obligations des pays core de la zone euro.
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