Politique monétaire / Fed / Etats-Unis
Politique monétaire
Fed / Etats-Unis
La Fed, déjà en vacances d’été
« Rendez-vous en septembre » : ce titre utilisé par l’économiste de Natixis résume le non-événement qu’a constitué la réunion de politique monétaire de la Fed de ce mois d’août. La banque centrale américaine a réitéré son discours optimiste sur l’état de l’économie et du marché du travail, et même ajouté une phrase sans équivoque. Elle a ainsi déclaré que « l’activité économique a progressé à un fort rythme » et utilisé le mot « fort » à six reprises dans son communiqué, comme pour acter les derniers chiffres de la croissance. Vendredi dernier, la première estimation de la croissance au deuxième trimestre est tombée à 4,1%, ce qui confirme le dynamisme lié aux premiers effets de la réforme fiscale passée en fin d’année dernière.
Une hausse des taux en septembre est désormais un secret de polichinelle, et les taux à 10 ans américains, qui ont passé la barre des 3% mercredi, l’ont déjà intégrée. Selon Reuters, 91% des économistes interrogés tablent sur un tour de vis le mois prochain, 65% misent également sur décembre et 64% croient à cette hausse en juin 2019. En juin dernier, la Réserve Fédérale avait indiqué prévoir deux nouvelles hausses de taux cette année, et trois l’année prochaine, ce qui porterait les taux au-dessus de la barre des 3%. Les spécialistes macro jugent qu’un resserrement monétaire au-delà de ce niveau risquerait de mettre un coup de frein sur l’économie, mais à l’inverse, il convient de prévenir une surchauffe de l’économie, l’indice des prix à la consommation ayant déjà atteint un rythme annuel de 2,2% en juin.
Autre facteur de risque : la guerre commerciale, qui pourrait faire elle aussi flamber l’inflation mais aussi faire grimper le dollar, et donc baisser le prix des importations. Mais la Fed s’est cette fois refusée à tout commentaire sur le sujet et cela semble sage, dans la mesure où de nombreuses rumeurs fleurissent presque chaque jour sur le sujet, pointant vers l’escalade ou au contraire la baisse des tensions.
Elle n’a d’ailleurs pas commenté non plus les sorties de Donald Trump, qui a jugé que les hausses de taux réduisaient à néant les efforts du gouvernement. Mais ce dernier a un autre problème plus urgent : le creusement sans précédent du déficit, qui atteindra 1.000 milliards de dollars selon les projections. Le Trésor a prévu de lever 329 milliards de dollars au troisième trimestre, et 440 milliards au quatrième, soit 63% de plus qu’à la même époque l’an passé. Le principal argument de défense du gouvernement est que ces mesures coûteuses comme la réforme fiscale se financeront d’elles-mêmes grâce au rebond de la croissance. Affaire à suivre : en juin, les recettes du Trésor ont chuté de 7% par rapport à l’an passé, dont une baisse de 33% des impôts corporate.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

