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Marchés US : la parole de Jerome Powell coûte cher
Premier Président de la Fed à ne pas être économiste, Jerome Powell a un style plus direct et affirmé que Janet Yellen, et d’aucuns pensaient que son profil d’ancien banquier plairait aux investisseurs. Pourtant depuis son accession à la tête de la banque centrale américaine, les discours de ce dernier ont coûté cher aux marchés US: selon une analyse de JP Morgan, pas moins de 1 500 milliards de dollars de capitalisation boursière sont parties en fumée après ses interventions. Les conférences de presse post-réunion de politique monétaire ont en moyenne fait reculer le S&P 500 de 0,4%, tout comme ses prises de parole ou auditions devant le Congrès.
Quelles sont les raisons de cette nervosité ? Dans un contexte très porteur, Jerome Powell ne voit aucun facteur susceptible de menacer l’économie américaine à court terme, et le dit. Ce faisant, il pourrait se montrer trop optimiste : "le marché actions fait comprendre que la Fed sous-estime plusieurs risques, et par conséquent augmente la probabilité que la Fed commette une erreur de politique monétaire dans le futur", selon Marko Kolanovic, responsable mondial des stratégies quantitatives et dérivés de JP Morgan. Lors d’une conférence à Boston mardi, le chairman n’a d’ailleurs pas dévié de son discours actuel et il a jugé que le marché du travail ne laissait pas apparaître de surchauffe ou ne risquait de faire flamber l’inflation à court terme.
Plusieurs propos de Jerome Powell ont retenu l’attention de JP Morgan, en particulier lorsqu’il a évoqué que les actifs étaient surévalués, que plusieurs hausses de taux étaient nécessaires ou encore qu’un mouvement de sell-off sur les marchés serait pris en compte s’il devait perdurer. Or, Marko Kalavonic prévient : “si les investisseurs fondamentaux commencent à remettre en cause le cycle, un ‘sell-off’ technique pourrait être plus violent et plus enclin à mettre KO le cycle économique", ce qui ne laisserait pas assez de temps à la Fed pour réagir.
Cette réaction négative des marchés à l’égard des discours de Jerome Powell tend à inquiéter, dans la mesure où celui-ci s’est engagé à prendre la parole après chaque réunion de politique monétaire à partir de 2019, contre un par trimestre auparavant. En attendant, les marchés US ont encore enfoncé de nouveaux records, à la faveur de statistiques de l’emploi plus dynamiques que jamais. Les données ADP ont révélé la création de 230 000 emplois privés en septembre, soit un plus haut depuis février, et l’indice ISM manufacturier a bondi quant à lui à 61,6, soit un record depuis 1997. Cela apporte une preuve de premier plan que les tensions commerciales avec la Chine n’ont pas impacté négativement l’optimisme des affaires. Si l’économie fait aussi bien que l’indice ISM le laisse penser, cela pourrait entraîner un resserrement monétaire bien plus ferme de la Fed. Les investissuers n’ont pas manqué d’en tirer les conséquences : les taux à 10 ans ont atteint 3,14% mercredi, soit un plus haut depuis l’été 2011.
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