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Politique monétaire / Schroders / Taux

Politique monétaire
Schroders / Taux

L'ère des taux bas n'est pas prête de se terminer

Tel est l'avis des équipes de Schroders, qui estiment que malgré le resserrement monétaire des principales banques centrales mondiales, d'autres facteurs macroéconomiques devraient maintenir les taux sous pression durablement.
Draghi à Sintra en 2018
Draghi à Sintra en 2018

Après dix ans d'argent presque gratuit, la BCE, la Fed et la Banque d'Angleterre ont passé la vitesse supérieure dans leur politique de resserrement monétaire, même si la Fed possède une longueur d'avance dans ce domaine. Le but étant in fine de disposer de marges de manœuvre suffisantes en cas de retournement de cycle et d'entrée en récession.

La Fed a entamé le bal, avec le ralentissement de ses achats de titres dès l'été 2014 puis le relèvement de ses taux directeurs en décembre 2015. Elle a depuis lors relevé ses taux à huit reprises et devrait de nouveau les resserrer en décembre prochain. Les deux autres grandes banques centrales ont davantage tardé à resserrer le robinet : la BoE a finalement relevé ses taux l'été dernier malgré le Brexit, et la BCE devrait relever les siens en début de second semestre 2019. Francfort mettra par ailleurs fin à son programme de rachats de titres en décembre prochain.

Toutes ces décisions vont-elles pour autant entraîner une hausse soudaine des taux sur les marchés obligataires ? Les taux d'intérêt en somme vont-ils retrouver leurs niveaux records des années 1980 à 2008 ? Rappelons qu'en moyenne durant cette période, les taux américains réels étaient de 2,2 %, contre -1,6 % depuis la crise de 2007, ceux du Royaume-Uni de 4,5 % contre -1,8 % depuis dix ans et que les taux européens tournaient alors autour de 3,1 % en moyenne contre -0,8 % depuis la crise financière.

La réponse est loin d'être tranchée, et la fin du QE ne signifie pas pour autant le retour des rendements élevés. Tel est en tout cas l'avis de Charles Prideaux, global head of products and solutions chez Schroders. Tout d'abord parce que d'un point de vue historique, la période de taux élevés de 1981 à 2008 a représenté une exception plutôt que la norme. De 1900 à 1980, les taux d'intérêt réels ont atteint en moyenne 0,7 % seulement aux États-Unis, 0,4 % en Grande-Bretagne et -0,8 % en Europe. "La génération de banquiers et gérants d'actifs qui a commencé sa carrière dans les années 1980 a du mal à réaliser que ce qu'ils ont vécu dans leurs premières années sur les marchés de taux était en réalité une situation exceptionnelle", explique ainsi Charles Prideaux.

Au-delà de cette mise en perspective historique, qui laisse penser que les taux pourraient ne pas repartir autant que ce que les marchés anticipent, plusieurs autres facteurs pèseront sur les rendements ces prochaines années. Tout d'abord, le fait que le resserrement monétaire a pour l'instant été très graduel (même dans le cas de la Fed), la BCE n'ayant de son côté pas commencé à relever ses taux. Il est donc fort possible que les banques centrales n'aient pas le temps de les remonter autant qu'elles le voudraient d'ici la prochaine récession. Les États-Unis vivent actuellement leur seconde période d'expansion économique la plus longue de leur histoire (9 années de suite de croissance, contre 10 années entre 1991 et 2001). Et si leur économie continue de croître l'an prochain, ils auront atteint la plus longue période de croissance de leur histoire. Du coup, beaucoup d'observateurs en concluent que la conjoncture américaine pourrait se retourner dans les douze prochains mois. Ce qui inciterait certainement la Fed à stopper sa politique de relèvement des taux.

Autre élément qui devrait empêcher une hausse des taux importante ces dix prochaines années, le ralentissement de la croissance mondiale. Ainsi, selon Charles Prideaux, les principales régions du monde devraient connaître ces dix prochaines années un niveau de croissance inférieur à celui qu'elles ont connu depuis 1996. Et ce, en raison du ralentissement de la productivité dans la plupart des pays et d'une diminution de la main-d’œuvre disponible (conséquence du vieillissement généralisé de la population mondiale). 

L'ère de taux bas n'est donc pas prête de se terminer, estiment les équipes de Schroders, qui soulignent qu'il est donc dans ce contexte d'autant plus nécessaire d'adopter une stratégie de gestion active afin d'offrir du rendement à ses clients. 

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