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Adieu Bruno Schroder

L'arrière arrière-petit-fils de John Henry Schroder est décédé à 86 ans. Sa fille, Leonie, pourrait prendre sa suite au board.
nouveau logo Schroders
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C'est une page de Schroders qui se tourne. Bruno Schroder, représentant de la famille au board, est décédé hier à l'âge de 86 ans des suites d'une "courte maladie", a annoncé aujourd'hui le gestionnaire britannique. Bruno Schroder était l'arrière arrière-petit-fils de John Henry Schroder, cofondateur du groupe en 1804. Il était présent au conseil depuis 1963. "Bruno a apporté une énorme contribution à Schroders pendant plus de 50 ans. Il était passionné par Schroders et son soutien à l'entreprise était inébranlable. Sa longue expérience, son jugement averti et son sens de l'humour nous manqueront énormément", a commenté Michael Dobson, président du groupe, âgé de 66 ans.

Il faut dire que les deux hommes avaient tissé des liens de confiance. Ancien directeur général de Morgan Grenfell Group, Michael Dobson avait pris le même titre chez Schroders en 2001. Il a conservé ses fonctions jusqu'en 2016, date à laquelle il est devenu président, avec le soutien de Bruno Schroder. L'été dernier, le Times avait indiqué que sa fille unique, Leonie Schroder Fane (née en 1974) pourrait prendre sa suite au conseil.

À l’époque la nouvelle avait fait l'objet de remarques, puisque l'héritière ne semble pas avoir joué de rôle important jusque-là chez Schroders (elle est toutefois au conseil du Schroder Charity Trust) ou dans les services financiers. Le Financial Times avait alors pointé du doigt que - même s'il est normal que la famille soit représentée au conseil - une nomination de Leonie Fane n'aurait pu s'expliquer que par les liens du sang. Ne serait-ce qu'au moment de la nomination de Michael Dobson, le sujet de la gouvernance avait été soulevé. Les meilleures pratiques en Grande-Bretagne voulant que si une entreprise souhaite nommer président un ancien DG, elle s'en explique. Car ce type de mouvements - souvent souhaité pour apporter de la continuité - pose question sur l'indépendance de la stratégie future.

Un porte-parole de Schroders a précisé aujourd'hui à Financial News que si changement il devait y avoir au board, il se ferait "de manière normale". Une déclaration logique étant donné que la société est cotée au FTSE 100. Actuellement, le conseil est composé de 11 membres. Le comité des nominations compte huit administrateurs.

Pour sa part, après son service militaire, l'université d'Oxford et la Harvard Business School, Bruno Schroder a rejoint J. Henry Schroder & Co. Ltd en 1960. Il a débuté sa carrière au sein de la division d'audit interne, dans la banque commerciale, puis dans la finance d'entreprise. La santé de son père - le président du conseil d'administration Helmut Schroder (1901-1969) - déclinant, Bruno a été nommé administrateur en 1963. Ce dernier est 474ème au classement Bloomberg des personnalités les plus riches, avec une fortune estimée à près de 4 milliards de dollars.

Il aura été le plus long représentant de la famille au sein du conseil. Sous son contrôle, Schroders aura notamment cédé à Citi sa branche d'investissement en 2000. Ce qui lui a permis alors de se concentrer sur la gestion d'actifs et de fortune. En 2013, Schroders a fait l'acquisition de son concurrent Cazenove Capital pour 424 millions de livres. En juin 2018, Schroders comptait 508,2 milliards d'euros sous gestion, ce qui en fait l'une des sociétés du secteur les plus importantes du Royaume-Uni. Elle est également l'une des rares anciennes maisons à ne pas avoir périclité ou été vendue au moment de la dérégulation, au milieu des années 80.

En tout Schroders est détenu à près de 48 % par les Schroder et les Mallinckrodt, deux branches de la famille. Philip Mallinckrodt, neveu de Bruno, est lui administrateur depuis 2017. À 56 ans, il est également membre du comité des nominations. Il a débuté sa carrière chez Credit Suisse First Boston en 1985. Il intègre le groupe familial en 1994, avant de partir travailler pour Citigroup de 2000 à 2002. Il retrouve ensuite Schroders en tant que head of corporate development, puis group head of wealth management, de 2006 à 2016. Il devient ensuite group head of private assets and wealth management.

Jusque-là, la présence de Bruno Schroder a permis à la société d'asseoir sa vision sur le long terme. L'entreprise est également moteur en matière de bonnes pratiques de gouvernance dans les sociétés dans lesquelles elle est investie. Elle doit maintenant continuer à montrer que les cordonniers ne sont pas forcément les plus mal chaussés.

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