Fonds d'investissements / Schroders / Augustin Segard / dette d'infrastructure / sub investment grade
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Schroders / Augustin Segard / dette d'infrastructure / sub investment grade
La dette junior d’infrastructure est toujours recherchée / Schroders a levé 320 millions d’euros au 1er closing de son fonds Julie III
Réputée pour sa capacité à résister à la fois à l’inflation et à la hausse des taux d’intérêt, la dette infrastructure a toujours la cote. C’est également le cas de sa composante sub investment grade, assise sur des actifs à la qualité identique. Des modèles d’affaires "toujours très stable, résilients et prédictibles. La différence est que nous ajoutons davantage de levier financier, ce qui nous amène dans une catégorie de dette junior plus risquée, mais aussi plus rémunératrice, avec une prime vis-à-vis de la dette senior classique", explique à WanSquare Augustin Segard, co-responsable des investissements en dette d’infrastructure et gérant de fonds chez Schroders Capital.
La société de gestion vient de lever plus de 320 millions d’euros à l’occasion du premier closing de son fonds Schroders Capital Junior Infrastructure Debt Europe III (Julie III). Il s’agit du troisième millésime de cette stratégie dédiée à la dette junior d’infrastructure. Le premier (Julie I), lancé en 2017, avait levé près de 350 millions d’euros, et le second (Julie II) plus d’un milliard d’euros en 2021.
Cette première clôture du fonds Julie III est "en ligne avec la vitesse de levée de fonds de Julie II ", indique Augustin Segard. Parmi les clients des précédents millésimes, tous des compagnies d’assurance ou fonds de pensions essentiellement européens ou asiatiques, un certain nombre ont d’ailleurs réinvesti. Les clients asiatiques sont d’ailleurs bien représentés. " C’est le cas depuis le premier millésime du fonds. Le compromis rendement risque correspond bien à leur attente, avec un rendement certes plus faible qu’en equity mais bien plus sûr et défensif", explique Augustin Segard.
High single digit
En termes de rendement, "la cible du fonds se situe dans le haut de la fourchette à un chiffre ", un objectif identique à celui de Julie II, "tout en intégrant la remontée des taux", précise-t-il. Quant au surcroît de risque par rapport à la dette investment grade, il est purement lié à un plus grand levier financier, rappelle une nouvelle fois Augustin Segard.
Le fonds se concentre en effet sur la fourniture de financement structuré de type dette subordonnée et mezzanine pour des projets d’infrastructure. Cela signifie qu’il investit dans des projets qui ont déjà été financés par d’autres investisseurs, généralement des banques, et qui cherchent à obtenir un financement supplémentaire pour développer leur activité. Cette dette junior est considérée comme plus risquée que la dette senior, car elle est remboursée après la dette senior en cas de défaut, mais elle offre également un rendement plus élevé pour compenser ce risque supplémentaire.
En l’occurrence, l’actif et son modèle d’affaire très protecteur et défensif étant le même que celui associé à la dette senior, la dette d’infrastructure sub investment grade offre une protection aux investisseurs contre les risques de défaut. "Nous n’avons jamais enregistré de défaut sur notre stratégie de dette junior sub investment grade ", souligne ainsi Augustin Segard.
Track record
Cette stratégie s’est ainsi révélée adaptée aussi bien à la crise du Covid qu’à l’environnement inflationniste et de hausse des taux actuel. Et le cocktail continue donc à attirer les investisseurs à un moment où les levées sont devenues plus difficiles, les actifs de dette privée et la liquidité du marché du crédit étant confrontés à d’importants vents contraires macroéconomiques.
Dans ces conditions, le succès des deux premiers millésimes Julie I et Julie II constitue un track record qui rassure. D’autant que la stratégie du troisième millésime est un copié collé des précédents avec son positionnement core et brownfield. Les fonds sont investis dans des actifs matures, tels que des compagnies d’eau et d’énergie, les chemins de fer, les énergies renouvelables, les réseaux électriques, les télécommunications ou encore les routes, avec une attention particulière portée à la diversification entre les différents pays et secteurs.
Sans dévoiler de noms, le fonds Julie III a déjà réalisé de premiers investissements. "Notre ticket d’investissement dans les actifs d’infrastructure que nous ciblons se situe entre 75 et 100 millions d’euros. Il est toutefois possible de monter au-dessus. ", indique Augustin Segard. Depuis ses débuts en 2015, l’équipe Infrastructure de Schroders Capital a déployé 1,8 milliard d’euros en stratégies de dettes d’infrastructures non-investment grade.
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