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Indicateurs macros / Jerome Powell

Indicateurs macros
Jerome Powell

Emploi US : le retour aux années yéyés

Si les créations d’emplois ont été décevantes en raison de la tempête Florence, le chômage américain est tombé à 3,7%, soit un plus bas depuis 1969. Pourtant, la faible pression sur les salaires reste un « mystère » de l’aveu de Jerome Powell, ce qui laisse les investisseurs perplexes.
Emploi US
Emploi US

Le marché de l’emploi américain nous avait habitués à mieux : l’économie n’a créé que 134.000 emplois au mois de septembre, soit le rythme le plus faible depuis un an et bien en dessous des prévisions. Mais cela a une justification conjoncturelle : la tempête Florence, qui a traversé les deux Carolines et paralysé cette partie du pays pendant plus d’une semaine. Mais la bonne nouvelle est surtout venue de la forte révision à la hausse des mois précédents : 270.000 en août et 165.000 en juillet, soit une moyenne très dynamique de 211.000 emplois créés par mois cette année (contre 182.000 l’an passé).

Le chiffre qui a surtout retenu l’attention est celui du taux de chômage : à 3,7%, il a atteint un plus bas depuis 1969 ! Même si le taux de participation reste encore modeste, à 62,7% soit assez proche du plus bas depuis les années 70. C’est ce qui, selon les spécialistes, pourrait expliquer pourquoi la pression sur les salaires reste si ténue à l’heure actuelle, au regard de l’amélioration du marché du travail. Les hausses de salaires ont ainsi pointé à 2,8% en rythme annuel, ne marquant pas d’accélération ce qui de l’aveu de Jerome Powell, "est un petit mystère" selon ses propos mercredi dernier. La courbe de Phillips, qui présume que l’inflation augmente au fur et à mesure que le taux de chômage diminue, est aujourd’hui inopérante. "Je ne dirais pas qu’elle est morte", a pourtant jugé le chairman de la Fed, qui estime qu’elle devrait finir par repartir.

S’il s’est efforcé de relativiser l’inflation, le patron de la banque centrale américaine n’a pu que reconnaître que l’économie US est quasiment au niveau de plein emploi. Et les investisseurs ont d’un seul coup pris en compte la réalité d’un resserrement monétaire : depuis hier, les taux des Treasuries ont grimpé de 14 pb, à 3,22%, soit un plus haut depuis sept ans. Un effet de rattrapage, mais qui n’est pas encore suffisant selon certains. "Le marché est encore en train de sous-estimer le rythme de hausse des taux par la Fed", a jugé Jan Hatzius, chef économiste de Goldman Sachs. Car les signaux sont tous au vert : "au global, l’économie est sur un rythme de croissance de 3%, le marché de l’emploi est très chaud et les pressions d’inflation sont en hausse", selon les économistes d’ING.

N’en déplaise à Donald Trump, qui a jugé que les hausses de taux "détruisent tout ce que nous avons fait" en juillet dernier, la tendance pourrait aller en faveur de l’accélération de la normalisation monétaire, surtout dans une période de rallye d’une longueur historique. Le marché de l’emploi sera clé : "Une poursuite de la baisse du taux de chômage pourrait conduire les membres de la Fed à devenir plus ‘hawkish’ l’an prochain", juge de son côté Thomas Julien, économiste chez Natixis. En attendant, les investisseurs ne savaient trop quoi faire des chiffres de ce matin : les taux à 10 ans ont très légèrement monté, mais l’indice est finalement dans le rouge, en baisse de 0,5%.

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