WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Politique économique / Jerome Powell / Indicateurs macros / consommation / Récession / Etats-Unis

Politique économique
Jerome Powell / Indicateurs macros / consommation / Récession / Etats-Unis

Les ménages peuvent-ils continuer à porter la croissance US ?

Le sentiment des consommateurs américains a passé la barre des 100 en septembre, pour la troisième fois depuis 2004, mais la croissance au troisième trimestre devrait pâtir de la guerre commerciale, Jerome Powell ne s'alarme pas de la courbe des taux, mais a des détracteurs nettement plus pessimistes.
ffleches
ffleches

Les marchés américains ont ouvert à l’équilibre ce vendredi, les inquiétudes sur le budget italien ayant été compensées par d’excellents indicateurs macros. Ainsi, le sentiment des consommateurs a littéralement bondi en septembre, à 100,1 contre 96,2 le mois précédent. Il s’agit de la troisième fois que cet indice passe la barre des 100 depuis janvier 2004 et les perspectives financières des ménages sont également les meilleures en 14 ans, preuve de l’enthousiasme des foyers américains à l’heure actuelle.

Certes, si une menace plane sur l’économie américaine, elle est plutôt à chercher du côté de l’offre que de la demande, dans un contexte de tensions commerciales vives. Le déficit commercial lié aux produits s’est ainsi encore creusé en août, à 75,8 milliards de dollars contre 72 milliards le mois précédent. Cela risque de creuser l’écart entre la croissance record enregistrée au deuxième trimestre – à 4,2% selon les estimations finales du Département du Commerce hier mais dont 1,2 point est à attribuer au commerce extérieur. Les corporates ont profité de cette période pour muscler leurs exports, avant la mise en place des barrières douanières américaines. La Fed d’Atlanta a réévalué ses prévisions en temps réel de croissance à 3,8% pour le troisième trimestre (contre 4,2% il y a une semaine), tandis que Macroeconomic Advisers l’anticipe à 3,2%. En tout état de cause, la consommation devrait porter la croissance des trois derniers mois outre-Atlantique, qui devrait se situer bien au-dessus de la moyenne historique des 2% lors de la dernière phase d’expansion.

Pour toutes ces raisons, Jerome Powell, qui a annoncé une troisième hausse de taux pour 2018 mercredi, ne s’alarme pas de l’aplatissement, voire de l’inversion, de la courbe des taux. Interrogé à ce sujet lors d’une conférence dans le Rhode Island jeudi, il a expliqué qu’il s’agissait d’ "un seul des facteurs que nous étudions" au moment de décider du niveau des taux directeurs. Et de se montrer une fois de plus confiant sur la conjoncture : "Il n’y a pas de raison de penser que la probabilité d’une récession est élevée dans la prochaine année ou la suivante".

Un optimisme que ne partage pas David Feldstein, professeur d’économie à Harvard et ancien conseiller économique de Ronald Reagan. Dans une tribune sur le Wall Street Journal, il a jugé qu’une "longue et profonde récession pourrait bientôt ébranler l’économie US". Ce dernier juge que si les taux longs restent encore bas à 3%, ils ont doublé en deux ans, et devraient continuer à grimper en raison des projections de la Fed, mais aussi de l’inflation de la dette publique avec le creusement du déficit. Cette rotation des actifs devrait donc se faire au détriment des marchés equity et si le PER du S&P 500 revient à sa moyenne historique, cela engendrerait une baisse de 40% des marchés et la disparition de 10.000 milliards de dollars de richesse pour les ménages. Qui risque à son tour d’impacter la consommation, et donc la croissance. Mais surtout, le plus inquiétant selon lui : la Fed, qui a eu les moyens de réagir à une telle situation par le passé, n’a aujourd’hui plus autant de munitions car les taux ne seront encore qu’à 3% à l’horizon 2020.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article