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Taux - Dette Souveraine / grèce / Dette / tutelle

Taux - Dette Souveraine
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La Grèce sort de la tutelle de ses financiers

La Grèce arrive aujourd’hui au terme des plans d’aide successifs qui lui ont été accordés depuis 2010. Grâce à un soutien financier sans précédent offert à des conditions extrêmement favorables, les signes d’embellie économique se multiplient. Mais à ce stade, rien n’est joué.
Grèce
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La Grèce sort officiellement aujourd’hui de huit ans de mise sous tutelle. Cela fait suite au décaissement de 61,9 milliards d’euros - sur un volume initial de 86 milliards d’euros - effectué sur trois ans par le Mécanisme européen de stabilité (MES) en août 2015. La Grèce a également reçu 141,8 milliards d’euros de prêts par le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) entre 2012 et 2015. Sans oublier les prêts bilatéraux avec les Etats membres de la zone euro pour un montant de 52,9 milliards entre 2010 et 2012. Au total, les renflouements financiers consentis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) se somment à 320 milliards d’euros en huit ans, évitant au pays le défaut de paiement et la faillite du système bancaire.

Rapporté au nombre d’habitants - 10,8 millions en 2017 selon les données de la Banque mondiale -, le soutien de la communauté financière européenne à la Grèce est équivalent à une aide individuelle totale de près de 30.000 euros. Et grâce aux conditions de prêts qui lui ont été accordées, - des échéances très longues couplées à des taux d’intérêt particulièrement bas - la Grèce économise annuellement 12 milliards d’euros de service de la dette chaque année, soit l’équivalent de 6,7% de son PIB par an. Des montants exceptionnels qui dépassent l’entendement. Mais si tant d’énergie a été déployée, c’est que l’enjeu de la crise grecque va bien au-delà de l’avenir du pays. C’est toute la zone euro qui menaçait de s’effondrer.

Aujourd’hui, le bilan est mitigé. "Les réformes approfondies que la Grèce a menées à bien ont jeté les bases d'une reprise durable", s’est enthousiasmé ce matin le commissaire européen aux Affaires économiques et financières Pierre Moscovici. Dans un rapport daté du 17 août, l’expert en assurance-crédit Coface se montre également optimiste en notant "le retour de la croissance en territoire positif (+1,4%)" et "un assainissement progressif du système bancaire", associé à "un indicateur de confiance produit par la Commission européenne qui passe de 99 en 2017 à 102 en 2018". L’économie du pays s’est remise à croître lentement et le chômage, qui avait atteint des niveaux records, a légèrement chuté.

Mais rien n’est gagné. Le FMI continue d’émettre des doutes sur la soutenabilité de la dette grecque alors même que l’Eurogroupe a accordé le 22 juin dernier un ensemble de mesures supplémentaires, dont l’allongement des échéances et une nouvelle période de grâce sous la forme d’un report de 10 ans des intérêts et de l’amortissement. D’autre part, d’après l’ONG Endeavor Greece, ce sont plus de 350.000 jeunes grecs parmi les plus éduqués qui ont fui le pays entre 2008 et 2016. Et c’est donc face à une pénurie de main d’œuvre qualifiée et de capitaux que la Grèce va devoir se reconstruire. Le pays est donc loin d’en avoir terminé avec l’austérité et les réformes. Et ce n’est qu’à partir de 2032 qu’Athènes commencera à rembourser le gros de sa dette, soit 180% de son PIB.

 

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