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Politique économique / grèce / Kyriakos Mitsotakis

Politique économique
grèce / Kyriakos Mitsotakis

Un mandat fort pour la Grèce

En disposant d’une majorité absolue au parlement grec, Kyriakos Mitsotakis va pouvoir mettre en place son programme d’inspiration libérale et entamer un retour à la normale qui rassurera les investisseurs.
Athènes - Grèce - Musée de l’Acropole
Athènes - Grèce - Musée de l’Acropole

Sorti major de sa promotion à Harvard, le consultant de McKinsey Kyriakos Mitsotakis marche dans les pas de son père, Premier ministre grec de 1990 à 1993. L’homme politique conservateur a comme ambition de rompre avec son prédécesseur Alexis Tsipras et de faire de la Grèce un territoire propice aux investissements. Il désire "mettre un terme à la surtaxation" en abaissant les impôts sur les sociétés de 28 à 20 %, afin de dynamiser l’emploi. Mais aussi attirer les investissements étrangers en réduisant de moitié les taxes sur les dividendes et de 30% celles sur l’immobilier. Mais cela ne se fera pas au détriment de la réduction du déficit budgétaire, a promis le nouvel homme fort du pays, qui compte couper dans les dépenses. Un exercice qu'il connaît bien, puisqu'il a été ministre de la réforme administrative entre 2013 et 2015 et il avait alors eu la lourde responsabilité de réduire les effectifs de 15.000 fonctionnaires.

Proche des milieux d’affaires, un parcours sans faute dans le privé, dans la finance et le conseil… Son profil fait naturellement penser à la trajectoire d’Emmanuel Macron. Profitant d’un momentum idéal et d'un état de grâce, Kyriakos Mitsotakis devrait pouvoir exécuter son plan sans trop de résistance. Il entend d'ailleurs jouer de sa proximité avec la nouvelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen pour négocier un assouplissement des termes du régime de rigueur établi avec les institutions européennes. Et il va falloir aller vite. Car lui et son entourage se sont donnés cent jours exactement pour observer les premiers résultats de sa politique. 

La situation actuelle lui est déjà plutôt bénéfique. Le chômage, bien qu’il reste très élevé, a perdu huit points pour passer de 26 à 18 % sous le gouvernement Tsipras et la hausse du salaire minimum de 10 % a eu l'effet escompté sur la croissance du pays, qui revient autour de 1,3 %. Le Premier ministre promet de faire encore progresser le PIB à 3 %. Il entend profiter de la confiance des investisseurs qui ont fait baisser le taux obligataire grec à 10 ans à 2,09 % vendredi dernier, un plus bas historique. Cette tendance baissière devrait continuer, car les taux négatifs dans les autres pays de la zone euro rendent les obligations grecques très attractives et la réputation pro-marché de l’ancien député ne peut que rassurer les investisseurs.

En revanche, un autre chantier pourrait lui donnera peut-être plus de fil à retordre : celui des privatisations. Le gouvernement grec attend 1,5 milliard d'euros des 42 privatisations prévues. Un objectif qui semble, à ce stade, peu réalisable. 

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