Politique économique / grèce / Alexis Tsipras
Politique économique
grèce / Alexis Tsipras
La Grèce va émettre une obligation à 10 ans
Le soutien de la communauté financière internationale à la République Hellénique aurait donc fini par porter ses fruits. Depuis 2017, la Grèce affiche des taux de croissance positifs, supérieurs à 1,5 % et estimé à 2,1 % par Coface en 2019. Bien sûr, la dette publique reste dangereusement élevée - aggravée par le décaissement de 15 milliards d’euros en août dernier au titre du Mécanisme de sauvegarde d’urgence - , et la qualité du portefeuille des banques très dégradée. La rigueur budgétaire et le chômage massif entretiennent des tensions sociales difficiles à contenir pour le gouvernement d’Alexis Tsipras, qui entame sa dernière année avant l’échéance électorale d’octobre.
Mais au-delà du renforcement de sa croissance, une nouvelle vient confirmer l’embellie économique apparue au lendemain du troisième plan de sauvetage : pour la première fois depuis le début de la crise, l’agence de la dette grecque PDMA envisage d’émettre une obligation à 10 ans. Et les conditions sont relativement favorables, à 4,141 % vendredi, contre près de 39 % au plus fort de la crise à la fin de février 2012. Si les rendements actuels atteignent un dixième de ce à quoi la Grèce pouvait prétendre lors de la débâcle, ils restent très supérieurs à ses homologues européens : 0,089 % pour l’Allemagne, 0,505 % pour la France et 1,156 % au Royaume-Uni.
Mais l’émission de cette obligation serait un signal fort aux investisseurs sur la solvabilité du pays et témoigne en tout état de cause d’une volonté de lever des fonds sur le marché pour renforcer leur confiance. Selon un communiqué de l’agence grecque de la gestion de la dette publique en date du 1er février, le pays a déjà vendu pour 2,5 milliards d’euros d’obligations à cinq ans. L’obligation a suscité une demande supérieure à 10 milliards d’euros, elle était vendue à 3,6 % et portait un coupon à 3,45 %.
Un climat des affaires en amélioration et des incitations fiscales en croissance devraient continuer à nourrir la croissance. Le 11 mars prochain, les ministres des Finances de l’Union européenne doivent par ailleurs décider du déblocage d’un milliard d’euros supplémentaire pour la Grèce, les gains directs de la BCE et des banques centrales nationales sur les obligations grecques, achetées pendant la crise. Quant à Alexis Tsipras, il a annoncé lundi son intention d'augmenter le salaire minimum mensuel d'environ 11 %, la première hausse depuis la sortie de crise du pays.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

