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La Grèce est trop vertueuse selon le FMI
Le Fonds monétaire international a exhorté la Grèce et ses partenaires de l’Union européenne à accepter d’assouplir son objectif budgétaire afin de soutenir la reprise économique fragile du pays et d’accroître les dépenses sociales. Dans son évaluation annuelle de l’économie grecque, le FMI a appelé Athènes et ses partenaires européens à "créer un consensus autour d’une trajectoire de solde primaire inférieure" pour 2020.
Cette position surprenante du FMI contraste avec celle de la Commission européenne qui estime qu’un solde budgétaire élevé est nécessaire pour assurer le service de la dette de la Grèce. En juin, Bruxelles avait déclaré qu'Athènes "devrait préserver une situation budgétaire saine garantissant le respect de l'objectif de surplus primaire 3,5 % du PIB pour 2018 et à moyen terme". Le FMI, lui, salue les efforts du nouveau gouvernement grec de centre-droit de désormais donner la priorité à la croissance. Après tout, la Grèce a su redresser ses finances publiques de manière impressionnante ; l'excédent budgétaire primaire de la Grèce, c’est à dire le solde budgétaire calculé hors charge d’intérêt, devrait représenter 3,5% du produit intérieur brut cette année, conformément à l'engagement pris par Athènes envers ses partenaires européens et bien supérieur à la moyenne de 0,6 % dans la zone euro.
Malgré ces quelques nouvelles encourageantes, “une grande partie de la transformation structurelle nécessaire de l'économie grecque reste à venir", a déclaré le FMI. De fait, le chemin vers la prospérité est encore long pour la Grèce ; le revenu par habitant reste inférieur au niveau précédant l'adhésion à la zone euro reflétant d'importants legs de la crise (dette publique élevée, prêts non performants, emprunteurs surendettés), les gains de productivité sont très faibles et l'investissement est atone. Par ailleurs, la variable très importante qu'est la démographie est plutôt défavorable.
Le FMI formule plusieurs recommandations à cet effet. Selon le Fonds, l’économie reste sur-réglementée et dominée par les petites et moyennes entreprises opérant dans un climat moyennement pro-business. Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour libéraliser le marché des biens et services et les professions réglementées afin de renforcer la concurrence. A propos du marché du travail, l'institution de Washington appuie la récente législation visant à faciliter les licenciements et les projets visant à introduire un mécanisme de refus des négociations collectives. Par ailleurs, réduire les coûts non salariaux (cotisations sociales par exemple), rapprocher le rythme de croissance du salaire minimum à la croissance de la productivité ou encore supprimer les obstacles à la participation des femmes au marché du travail sera essentiel pour lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale souligne le Fonds.
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