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Politique économique / Christine Lagarde / fmi / Guerre commerciale

Politique économique
Christine Lagarde / fmi / Guerre commerciale

Christine Lagarde jette un froid

La directrice générale du FMI a estimé que l’économie mondiale avait atteint un plateau en raison des mesures protectionnistes de l’administration Trump. Et a renouvelé son inquiétude sur l’endettement mondial, alors que le déficit américain va atteindre 1000 milliards de dollars d’ici 2020.
Christine Lagarde
Christine Lagarde

Wall Street était à la fête ce lundi, alors que les États-Unis ont signé in extremis un accord avec le Canada pour refonder leur traité de libre-échange nord-américain. Une telle issue résout de nombreuses incertitudes pour les entreprises américaines, notamment les constructeurs automobiles, et surtout démontre que l’administration Trump peut aussi parvenir à des poignées de main avec ses partenaires commerciaux. Christine Lagarde, qui s’est exprimée à Washington avant la réunion annuelle du FMI ce mois-ci, a certes salué le "signal très positif" que cet accord avait envoyé, mais s’est montrée bien moins enthousiaste sur la tenue de l’économie mondiale.

Selon elle, la croissance mondiale "a atteint un plateau", car elle est "moins synchronisée avec moins de pays participant à cette expansion". Le message est clair : en mettant en place leurs tarifs douaniers, les États-Unis fragilisent leurs partenaires commerciaux - et en premier lieu la Chine - mais surtout se tirent une balle dans le pied à plus long terme. Car comme elle l’a rappelé avec une belle image de la mythologie grecque, à vouloir naviguer seul dans l’autosuffisance, "cela mène au naufrage".

Pour l’instant, les impacts ne se mesurent pas vraiment au niveau des chiffres du commerce, comme l’a démontré le déficit commercial américain qui s’est encore creusé à 50 milliards de dollars en juillet dernier. "Mais nous commençons à voir l'impact sur les investissements et l'industrie en raison de l'incertitude qui conduit au manque de confiance", prévient-elle, et de ce point de vue, les pays émergents sont sans aucun doute les premières victimes.

Enfin, Christine Lagarde continue à militer pour résorber l’endettement mondial, qui a encore atteint un nouveau record de 182.000 milliards de dollars, soit 60% de plus qu’en 2007, s'est-elle plue à rappeler. Les gouvernements et entreprises sont donc plus que jamais vulnérables à un éventuel retournement de cycle, qu’il soit un choc externe ou un essoufflement de la croissance. Là encore, le message est à peine voilé à destination des États-Unis, où la réforme fiscale et les hausses budgétaires risquent de faire déraper le déficit fédéral à 1000 milliards de dollars d’ici 2020. Un véritable risque dans une période de resserrement monétaire car la dette publique, qui culmine déjà à 21.000 milliards de dollars, pourrait atteindre 33.000 milliards de dollars selon les estimations du Bureau Budgétaire du Congrès.

Tout porte donc à croire que le FMI va revoir ses prévisions de croissance mondiale, projetées à 3,9% en 2018 et 2019 en avril dernier. En attendant, rien ne semble tempérer l’euphorie des investisseurs à Wall Street, ce qui a conduit Robert Schiller, professeur à Yale et Prix Nobel d’économie, à comparer la situation actuelle à celle de la fin des années 20, parlant dans les deux cas d’un contexte de "pari", où la prise de risque est systématiquement récompensée. Jusqu’à quand ?

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