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État américain : le spectre d’un défaut en septembre
Le relèvement du plafond de la dette fédérale est une question récurrente pour le gouvernement américain, mais elle pourrait cette fois se poser bien plus tôt qu’anticipé par ce dernier. C’est l’avis que vient d’émettre le think tank Bipartisan Policy Center (BPC), selon lequel faute d’une solution d’ici là, le Trésor devrait franchir le plafond de la dette fédérale d’ici début septembre. Le calendrier s’est donc resserré selon cette étude, car en mai le même think tank avait estimé que l’État américain avait fixé cette date butoir à octobre voire novembre.
La raison principale tient à la faiblesse des recettes fiscales par rapport aux prévisions : ces dernières ont augmenté de 2 à 3 % cette année, contre 5 à 6 % attendus auparavant. Le dérapage des finances publiques a été confirmé lundi par le Congressional Budget Office, selon lequel le déficit public atteint déjà 746 milliards de dollars sur neuf mois, donc en passe d’atteindre la barre des 1.000 milliards, et les revenus n’ont augmenté que de 69 milliards de dollars, tandis que les dépenses ont quant à elles gonflé de 208 milliards sur cette période.
Depuis mars dernier, le Département du Trésor a recours à des mesures extraordinaires de financement puisqu’il a dépassé le plafond de 22.000 milliards de dollars d’emprunt fédéral. Mais certains politiques, à l’instar de la leader démocrate à la Chambre des Représentants Nancy Pelosi, souhaitent qu’un tel relèvement du plafond de la dette soit couplé avec une loi budgétaire sur deux ans. Or, ce type de compromis est particulièrement compliqué à obtenir dans la configuration actuelle d’un Congrès divisé entre républicains et démocrates. Le mois dernier, les discussions ont achoppé sur le niveau des dépenses réclamé par les démocrates.
Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, réclame une hausse de ce plafond qui permettrait d’assurer la continuité du financement fédéral sur un an, mais aucun accord n’a été trouvé. Or, le temps presse : la Chambre des Représentants commence sa trêve estivale de six semaines à partir du 26 juillet, si bien que Nancy Pelosi pourrait manquer de levier pour imposer ses conditions face au leader républicain du Sénat, Mitch Mc Connell. L’enjeu est en tout cas crucial, a rappelé le think tank : le gouvernement doit voter cette hausse du plafond de la dette d’ici aux vacances estivales, sinon "cela fait porter un risque irresponsable sur la confiance et crédibilité globale des US", prévient Shai Akabas, directeur de la politique économique de BPC.
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