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Macro-économie / Taux / vénezuela / PIB / Inflation / Banque centrale / Politique économique / crise

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Le cauchemar vénézuélien

Sur fonds de tensions politiques majeures, la situation économique du pays se détériore et laisse présager le pire d'ici à la fin de l'année.
Venezuela
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Washington a signé lundi un décret accentuant les sanctions contre Caracas, et le ministre de la Défense vénézuélien Vladimir n'a pas tardé à réagir appelant hier la justice du pays à punir l'ensemble des citoyens qui se déclarent favorables aux représailles mises en place par la Maison-Blanche. En gelant tous les avoirs du gouvernement vénézuélien sur le sol américain - qui ne peuvent plus être transférés, exportés, utilisés ou retirés - Donald Trump franchi un nouveau cap pour empêcher le régime de Nicolas Maduro de disposer de devises de change et l'obliger ainsi à accepter un nouveau scrutin qui lui serait très probablement défavorable.

Pendant que le gouvernement vénézuélien s'acharne sur le front politique en mettant un point d'honneur à ne pas céder aux bons vouloirs du Président américain, il laisse le pays s'enfoncer dans une tragédie économique majeure. Le pays, anciennement dirigé par le charismatique mais très controversé Hugo Chavez, a mené une politique économique laxiste centrée sur elle-même pendant des années, en rehaussant continuellement le pouvoir d’achat de sa population. La stratégie a d'abord fonctionné mais laisse désormais place à une inflation plus que galopante. En 2018, l'indice des prix à la consommation s'est envolé de 1.300.000 % et le FMI table désormais sur une inflation annuelle de 10.000.000 % en 2019. Concrètement, un Vénézuélien qui gagne le SMIC dépense la moitié de son revenu pour s'offrir un kilo de farine. La dette publique a atteint près de 160 % l'an dernier, en hausse de 120 points de pourcentage. Quant au PIB, il devrait se contracter de 35 % cette année.

Le pays souffre par ailleurs du prix du baril de pétrole qui s'est contracté. Le premier détenteur d'or noir au monde, pour qui le pétrole représente 90 % de ses exportations vend désormais le baril à 57,07 dollars contre une moyenne de 71,70 dollars l'an dernier. À cela s'ajoute l'embargo américain sur le pétrole qui fait suite aux événements politiques et militaires récents et a fait chuter drastiquement la production de barils par jour, notamment parce que les États-Unis refusent de laisser le pays faire raffiner son pétrole sur le sol américain.

La mauvaise santé vénézuélienne n’est pas neutre pour les pays qui lui sont étroitement liés comme Cuba. Si l’alliance a été bénéfique pour l’île pendant des dizaines d’années, Cuba paye aujourd’hui les conséquences de sa dépendance avec une économie qui tourne au ralenti à moins de 1 % de croissance par an. Un taux insuffisant pour couvrir les besoins de la population, soumise à des pénuries alimentaires.

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