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Banque centrale / Taux directeurs / Politique monétaire
Les Banques centrales n'ont décidément rien appris des erreurs passées
Ces dernières années, les économies développées n’ont pas hésité à sortir l’arme budgétaire pour soutenir l’activité économique, mais les budgets étatiques se révèlent être, aujourd’hui, à bout de souffle. Les grandes puissances économiques sont en passe de solliciter à nouveau l’arme monétaire… Elle qui a déjà tant souffert lors de la crise des subprimes.
C’est l’Australie qui, lundi, a été la première à annoncer une baisse de 25 points de base de son taux directeur. Selon Philip Lowe, le gouverneur de la Banque centrale australienne, il était nécessaire d’assouplir la politique monétaire en réponse à l’atonie de la croissance australienne, qui évolue à son rythme le plus faible depuis dix ans, à 0,4 % au premier trimestre 2019. Au lendemain de cette annonce, c’est Jerome Powell, le gouverneur de la Réserve fédérale, qui a déclaré que la Fed interviendrait de manière appropriée si cela était nécessaire. Une façon de préparer le terrain à une future baisse des taux.
Désormais, le prochain pays susceptible d’annoncer le passage à une politique monétaire accommodante pourrait être la Chine. De fait, le président chinois, Xi Jinping, se doit de soutenir l’activité de son pays qui souffre déjà de la guerre commerciale en 2019, encaissant une perte de croissance allant de 0,5 à 1,2 point de PIB, selon les prévisions de Candriam. Seulement la Chine ne possède plus vraiment de marge de manœuvre budgétaire, puisque son déficit public total en incluant le solde des collectivités locales devrait atteindre près de 12 % en 2019. Elle serait donc amenée à sortir l’arme monétaire, pour laquelle elle dispose d'une certaine marge puisque son taux de base s’élève à 4,35 %.
Parallèlement, la Banque nationale suisse, qui affiche déjà un taux directeur de -0,75 %, envisage d’aller encore plus loin dans les taux négatifs car elle souffre de l’appréciation du franc suisse, lui qui est considéré comme une valeur refuge par de nombreux investisseurs.
Ce mouvement de baisse des taux semble proliférer et pourrait toucher l'ensemble des économies développées. Il est stupéfiant de constater que les Banques centrales n’ont pas appris des erreurs passées. La crise de la tech en 2001 a pourtant été un parfait exemple des conséquences qu’engendre une baisse des taux exagérée sur les valeurs boursières. En abaissant le coût de l’emprunt à des niveaux injustifiés, les Banques centrales pourraient être les prochaines responsables d’une bulle, et d'une nouvelle crise économique et financière.
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