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Fed : Donald Trump rend crédible des baisses de taux
Donald Trump peut-il réussir à faire mentir les statistiques économiques américaines ? Il semblerait que son discours très critique envers la Fed et favorable à une baisse des taux fasse en tout cas son chemin dans l’esprit des investisseurs, même si les dernières données publiées montrent la très bonne résilience de l’économie américaine, avec une croissance à 3,2 % au premier trimestre et un taux de chômage historiquement bas, à 3,6 %. Or, c’est là toute la contradiction des sorties du Président américain sur Twitter et face aux journalistes : d’un côté, il encense l’état de l’économie américaine, jugeant que les américains sont uniquement gagnants des tarifs douaniers en place, qui font entrer de l’argent dans les coffres de l’Etat. De l’autre, il critique la politique de statu quo de la Fed et, hier sur Twitter, a jugé que si elle "jouait le match" (à savoir baisser les taux), cela entraînerait un "game over" pour les États-Unis dans son duel contre la Chine.
Pourtant, les marchés sont attentifs à toutes les sorties du Président sur la Fed, qui enfreignent la traditionnelle règle de non-ingérence de l’exécutif sur la politique monétaire, mais qui pourraient selon eux influencer les prochaines décisions du comité de la Réserve Fédérale, malgré le silence de Jerome Powell sur le sujet. Ainsi, les futurs sur les taux de la Fed montrent que 58 % des investisseurs anticipent déjà une baisse des taux d’ici à la fin de l’année, selon CME Group. Ils sont même désormais 22 % et 5,8 % à intégrer deux et trois baisses respectivement, une hausse significative par rapport aux 5,9 % et 0,6 % calculés il y a un mois.
Il convient certes de ne pas surinterpréter ces mouvements de marché. Les futurs sur les taux Fed sont en général utiles pour évaluer le sens de la prochaine action de la Fed – hausse ou baisse – mais sont moins fiables sur l’étendue ou la rapidité de ces prochaines décisions. En réalité, les investisseurs se préparent, après une année de croissance portée par la réforme fiscale de l’administration Trump, à une modération inéluctable du PIB, attendu en hausse de 2,3 % cette année selon le consensus des économistes interrogés par le Wall Street Journal.
A l’heure actuelle, les marchés s’attendent à une première baisse des taux en juillet, soit bien plus tôt que ce qui est anticipé par la Fed elle-même. Or même si les tensions commerciales sont montées d’un cran entre États-Unis et Chine depuis 10 jours, il faudrait une correction bien plus importante que celle connue depuis quelques jours pour inciter la Fed à sortir de sa position neutre, maintes fois répétée par Jerome Powell et notamment il y a quelques jours. Sans compter que si elle décidait de toucher aux taux trop tôt, la Réserve Fédérale manquerait cruellement de munitions pour répondre à une récession si elle venait à arriver.
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