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Politique monétaire / Fed / Taux directeurs / Goldman Sachs / Jerome Powell / Donald Trump

Politique monétaire
Fed / Taux directeurs / Goldman Sachs / Jerome Powell / Donald Trump

Fed : Goldman Sachs, seule contre tous

Alors que les marchés anticipent à 70 % le scénario d’une baisse des taux dès juillet, seul le chef économiste de Goldman Sachs mise sur un statu quo. Le danger vient de l’immixtion de Donald Trump dans la politique monétaire.
Goldman Sachs
Goldman Sachs

Le dernier rapport américain sur l’emploi a été l’élément déclencheur d’un sentiment déjà diffus parmi les investisseurs depuis plusieurs semaines. L’économie américaine n’a créé que 77.000 emplois au mois de mai, soit trois fois moins que le mois précédent, soit le premier signe tangible d’un essoufflement du marché du travail, particulièrement dynamique jusqu’à présent. Mais aussi du ralentissement en cours de la première économie mondiale. Les marchés n’ont pas tardé à intégrer un scénario de relâchement monétaire : les futures sur les taux Fed indiquent que les investisseurs s’attendent à 70 % d’entre eux à une baisse des taux en juillet prochain, et la probabilité de trois baisses est même évaluée à 60 %, selon les données de CME Fed Watch.

La plupart des économistes ont publié des notes dans la foulée de ce rapport, jugeant que si la question était épineuse auparavant, la Fed disposait maintenant des éléments nécessaires pour baisser le prix de l’argent. "Nous nous attendons à ce que la Fed initie un cycle préventif de baisse des taux", ont écrit les économistes de Barclays, Michael Gapen et Jonathan Miller. Les plus ambitieux entrevoient même un geste dès la réunion de juin, mais la majorité d’entre eux prévoit plutôt un message en ce sens ce mois-ci, avant de passer à l’action en juillet. Après tout, Jerome Powell a déjà mis la puce à l’oreille des investisseurs la semaine dernière, lorsqu’il a promis que la Fed allait surveiller l’évolution de l’économie, et "agir de façon appropriée pour soutenir l’expansion".

Mais une banque se démarque de ses pairs : Goldman Sachs. "Même si cela se joue à peu de choses, nous prévoyons toujours que le FOMC va garder ses taux inchangés sur le reste de l’année", a écrit le chef économiste Jan Hatzius, dans une note lundi. "De notre point de vue, cela n’était pas un signal fort d’une prochaine baisse de taux mais avait plutôt pour but de rassurer sur le fait que le FOMC est bien conscient des risques de la guerre commerciale". Ajoutant que le président de la Fed se devait d’évoquer les tensions commerciales et non les seules projections à long terme, au risque d’être perçu comme déconnecté. Et va privilégier l’équilibre : “nous anticipons que les officiels de la Fed seront très prudents de ne pas délivrer un message trop optimiste, mais de continuer à souligner qu’ils répondront aux chocs si besoin, pour remplir leur mandat".

Mais si les seules données économiques étaient en jeu, cela serait finalement simple. Or, Jerome Powell doit aussi jongler avec les agressions fréquentes de Donald Trump, dont la dernière en date sur CNBC lorsque le président américain a jugé que la Fed avait "fait une grosse erreur" et relevé ses taux "beaucoup trop vite", s’agaçant de ce que les membres de la Réserve Fédérale "ne sont pas mes gens". Le locataire de la Maison Blanche a en tête un calcul politique, puisqu’une politique de baisse des taux serait favorable aux marchés et stimulerait la croissance, qu’elle soit justifiée ou non.

Jerome Powell se retrouve donc dans cette situation complexe qu’aucun de ses prédécesseurs n’a eu depuis 30 ans : assurer la poursuite de la plus longue phase d’expansion historique et se montrer pédagogue sur le rôle de la Fed, sans se laisser influencer par les attaques présidentielles. Soit la quadrature du cercle.

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