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Macro-économie / Taux / Banque centrale / Cours boursier / or

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La ruée vers l'or des Banques centrales

En renflouant massivement leur bilan de métal jaune, la Banque centrale de Chine et celle de Pologne suivent la tendance mondiale. Ce qui pousse le cours du lingot à son plus haut niveau depuis six ans.
lingot d’or
lingot d’or

Le bilan des institutions monétaires continue de se remplir d’or. La Banque centrale de la république de Chine a déclaré dans la journée d’hier avoir accru ses réserves de métal jaune de 10,3 tonnes au mois de juin, après des achats de près de 74 tonnes au cours de la fin du premier semestre 2019. Une annonce qui fait écho à celle de la Banque nationale de Pologne la semaine dernière. La banque avait annoncé avoir plus que doublé ses avoirs en or cette année. Entre 2018 et 2019, la Pologne a accumulé une quantité de 125,7 tonnes d'or pour accroître ses réserves à 228,6 tonnes, devenant ainsi le premier détenteur d'Europe centrale.

Une tendance qui a émergé depuis deux ans et est commune à de nombreuses institutions mondiales. Selon les chiffres du World Gold Council, les stocks d’or détenus par les Banques centrales ont augmenté de 387 tonnes, soit 1,1 %, depuis la fin de l’année dernière. La hausse de la détention de métal jaune par les organismes monétaires pourrait même atteindre 700 tonnes cette année, soit une progression record de 2 %.

Les Banques centrales refusent cependant de révéler publiquement les motifs qui les poussent à investir sur l’or. En témoigne la Banque de Chine qui n’a pas voulu s’exprimer ce lundi en publiant ses chiffres. Pour autant, trois grandes raisons semblent jouer un rôle déterminant pour expliquer ce phénomène.

Primo, la situation géopolitique mondiale. Les institutions monétaires craignent que les relations entre les États ne s’enveniment. Elles préfèrent alors se couvrir face aux aléas politiques en se réfugiant sur des actifs dits sans risque. Deuzio, les Banques centrales souhaitent diversifier leurs actifs en libellant leurs investissements autrement qu’en dollars. En réduisant leur exposition envers la monnaie américaine, elles diminuent la probabilité d’un effondrement systémique en cas de crise grave. 

Tertio, pour des raisons liées l'endettement public. Pendant la crise financière de 2008, les États se sont fortement endettés grâce au soutien des Banques centrales, qui les ont financés en achetant à tour de bras les obligations étatiques nouvellement émises. En voyant leur bilan quadrupler en l'espace de dix ans, les institutions monétaires sont désormais bien plus exposées au risque de défaut de certaines nations. Elles cherchent alors à accumuler des collatéraux tels que l’or pour améliorer leur solvabilité à long terme, car le système entier repose sur le fait qu'une instance monétaire ne peut faire faillite.

Naturellement, cet achat massif d’or par les Banques centrales a créé de fortes tensions sur la demande globale, et le cours du métal précieux a flambé. Depuis le mois de mai, il a augmenté de 8,4 %, soit une envolée de 18,2 % sur un an. Il en résulte que le lingot évolue, sur les deux derniers mois, à son plus haut niveau en six ans.

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