Macro-économie / Taux / BRI / Sept Magnifiques / Cours boursier
Macro-économie / Taux
BRI / Sept Magnifiques / Cours boursier
Les conseils de la BRI pour faire face aux turbulences / La volatilité toque à la porte
"L’attendu, ce sont les récessions qui ne manqueront pas d’arriver. L’inattendu, ce sont les types de chocs COVID que nous avons observés". Claudio Borio, chef du département monétaire et économique de la Banque des règlements internationaux (BRI), conseille au secteur financier d’être prêt à toutes les éventualités. Il a profité de la conférence de presse accompagnant la publication de la revue trimestrielle de la BRI pour recommander aux Banques centrales de prendre leurs précautions.
Dos rond
Face à ces risques plus ou moins prévisibles, l’économiste conseille de prendre garde à disposer des "marges de sécurité" adéquates pour encaisser ces chocs. Il considère qu’il "serait dommage que cette marge de manœuvre soit gâchée ", si les institutions ne prennent pas le soin de la préserver. Lui et ses équipes livrent également leur analyse de ces derniers mois. Ils constatent avec satisfaction que "les marchés actions ont subi quelques baisses mais ont globalement réussi à s’en sortir relativement indemnes".
Concernant les marchés, Claudio Borio les considère comme "hypersensibles aux nouvelles macroéconomiques, en particulier celles qui réduisaient les chances d’un atterrissage en douceur". Les rendements obligataires sont quant à eux considérés comme ayant "baissé au moindre signe de ralentissement, en particulier sur le segment court terme ".
Peur sur la tech
Au milieu de ces constats, une interrogation aux conséquences des plus lourdes est posée ; les valorisations du secteur technologique connaîtront-elles le même destin que la bulle internet au début de ce siècle ? Tout en nuançant les données, les équipes de Claudio Borio rappellent qu’au début de la bulle Internet, "la part des entreprises technologiques dans l’indice S & P 500 a atteint 47 %" et "qu’à la fin août 2024, la part des entreprises technologiques avait atteint 49 %".
L’analyse du montant prêt à être déboursé par un investisseur pour chaque dollar de bénéfice est davantage mise en avant par la revue trimestrielle. Cet exercice révèle que leur ratio-cours bénéfice prévisionnel est "en moyenne 30 % inférieurs au ratio cours / bénéfice de la dernière année". De quoi susciter la crainte chez la BRI, que malgré "la rentabilité croissante des Sept Magnifiques (M7), leurs valorisations peuvent encore être exagérées. Si les marchés sont trop optimistes quant aux bénéfices futurs, ils peuvent finir par être déçus".
Le passé récent laisse penser que cette hypothèse est loin d’être incongrue. Finies les années où les M7 dépassaient les espérances. Il est fait état que " les bénéfices réalisés au cours de la période 2020-2024 n’ont plus dépassé les attentes autant qu’avant, et les erreurs de prévision ont également commencé à se disperser ". La BRI y voit d’une part les premiers signes d’un "biais optimiste accru" et l’arrivée d’une "plus grande incertitude autour des bénéfices des M7".
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

