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Macro-économie / Taux / états / Etats-Unis / Relance / Parti démocrate / Sénat

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États-Unis : quand le combat politique prime sur l’urgence

Dimanche, les démocrates du Sénat ont bloqué le vote d’un plan de relance d’au moins 1.800 milliards de dollars, jugeant qu’il protège trop les entreprises et pas assez les salariés. Mais les marchés tremblent et le temps presse pour adopter une réponse de grande ampleur à la crise.
Drapeau américain - Etats-Unis - bar
Drapeau américain - Etats-Unis - bar

C’est un véritable camouflet pour Donald Trump. Alors que la plus grande partie des pays ont adopté de vastes plans d’urgence face à la crise du coronavirus, les États-Unis, pays le plus riche au monde, ont pour le moment échoué. Dimanche, les démocrates du Sénat se sont ainsi opposés au projet de loi instauré par les républicains et ces derniers ont vu leurs rangs se réduire avec la contamination d’un premier sénateur, Rand Paul du Kentucky, qui a conduit deux de ses collègues à se mettre en quarantaine et rater le vote.

"Ils essaient de faire avancer une proposition qui serait formidable pour les grandes entreprises et laisserait tous les autres derrière", a déclaré la sénatrice démocrate et ancienne candidate à la présidentielle Elizabeth Warren, pour résumer cette opposition. Les démocrates ont avancé deux arguments : le plan actuel, qui pourrait atteindre plus de 1.800 milliards de dollars, ne fixerait pas assez de conditions aux entreprises qui redevraient une aide fédérale et il n’offrirait pas assez de compensation aux salariés touchés par cette crise.

Dans le détail, le plan républicain alloue une enveloppe de 500 milliards de dollars au Trésor – soit deux fois plus que ce qu’il avait demandé – pour des aides aux entreprises. 75 milliards de dollars sont dédiés aux entreprises dans des secteurs touchés, comme le remboursement des assureurs santé pour les coûts induits ou pertes de revenus, le transport aérien et les infrastructures. Ensuite, les 425 milliards de dollars ont pour but d’émettre des prêts aux entreprises ou de garantir des pertes liées à des facilités de crédit lancées par la Fed. Mais les démocrates reprochent de n’avoir aucun droit de regard sur les entreprises choisies dans le cadre de ce plan. Mais aussi que ces aides ne soient pas conditionnées au maintien de l’emploi, à la suspension plus longue des rachats d’actions ou des hausses de rémunérations des dirigeants (deux ans dans ce texte). Des arguments qui rappellent les reproches adressés des années plus tard au plan adopté en 2008, en plein cœur de la crise financière.  

Du côté des salariés, le plan retoqué prévoyait un chèque de 1.200 dollars pour les américains adultes qui gagnent moins de 75.000 dollars par an, et 500 dollars par enfant. Mais aussi des allocations chômage pour une durée de trois mois équivalent à un salaire intégral (alors que les démocrates réclamaient au moins quatre mois), ainsi qu'un allongement des aides aux hôpitaux et aux gouvernements locaux. Le contexte électoral est bien sûr à prendre en considération, les démocrates étant réticents à apporter une victoire trop rapide à Donald Trump, à un peu plus de sept mois de l'élection présidentielle.

Cette impasse a fait chuter brutalement les marchés : les futurs américains sont orientés vers une baisse de plus de 4 % et le CAC 40 a ouvert en recul de près de 4 %. Même si la déroute n’est pas aussi violente qu’en septembre 2008, lorsque le Congrès avait échoué à faire passer un plan d’urgence après la faillite de Lehman Brothers, l’inquiétude est très vive sur la capacité des deux camps à s’entendre rapidement. Du côté démocrate, il a déjà été indiqué que les députés proposeraient leur propre plan et les discussions reprennent lundi matin. Le temps presse, chaque jour compte pour limiter les dégâts et la facture finale de cette crise. Selon les projections des économistes, les demandes d’allocations chômage cette semaine pourraient se monter jusqu’à 3 millions de personnes, contre un record de 665.000 au plus fort de la dernière crise, en mars 2009.

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