Macro-économie / Taux / Parti démocrate / Donald Trump / élections législatives / Président
Macro-économie / Taux
Parti démocrate / Donald Trump / élections législatives / Président
Elections US : les risques d'une "vague bleue" pour les entreprises
Lundi, les marchés américains ont à nouveau bondi grâce à l’accord de l’Opep, faisant fi des mouvements de protestation partout dans le pays et du taux de chômage record : le Nasdaq a pulvérisé un nouveau record historique, dépassant son dernier point haut de février, et le S&P 500 est revenu dans le vert en 2020. Si les investisseurs misent sur un rebond rapide et sans heurts de l’économie post-coronavirus, ils semblent oublier une échéance qui se rapproche pourtant : les élections présidentielles de novembre prochain, qui vont voir Donald Trump affronter le démocrate Joe Biden. Et le niveau d’incertitudes qui l’accompagnent, après quatre ans d’une administration très favorable aux entreprises.
C’est le sujet qu’a abordé Goldman Sachs, dans une note publiée en fin de semaine dernière. Or, la banque américaine prévoit une "vague bleue" d’ici novembre 2020 : "l’élection est dans cinq mois, et les prévisions font état d’une probabilité de 77 %, 50 % et 51% de victoires démocrates à la Chambre, au Sénat et à l’élection présidentielle, respectivement", ont ainsi écrit Cole Hunter, vice-président de la stratégie actions et David Kostin, stratégiste en chef US de la banque. Or, si se scénario se produisait, cela signerait la fin du Tax Cuts and Jobs Act, la grande réforme fiscale de l’administration Trump de 2017, qui a consisté en d’importantes réductions d’impôts qui ont boosté les profits des entreprises, au bénéfice des marchés.
Et les experts de Goldman Sachs donnent des chiffres à l’appui. L’annulation de cette réforme, qui signifierait une hausse du taux d’impôt de 18% à son ancien taux, 26%, impacterait le bénéfice par action 2021 de 11%, soit 150 dollars contre 170 dollars par action précédemment. Or, ils notent aussi que les entreprises qui paient un taux plus élevé d’impôts ont mieux performé depuis mars – 44% contre 38% - si bien que tout porte à penser que les investisseurs n’ont pas intégré un potentiel de hausse des impôts après les prochaines élections. Et pourraient se détourner des valeurs généreuses en dividendes, si le scénario devait se confirmer.
Concernant l’élection présidentielle, plusieurs voix républicaines se sont offusquées des propos de Donald Trump, appelant à écraser le mouvement contre les violences policières racistes, après une gestion catastrophique de la pandémie. Colin Powell, l’ancien secrétaire d’Etat de George W. Bush, a officiellement annoncé qu’il voterait Joe Biden, tandis que l’ancien Président Bush Jr et Mitt Romney ont déjà indiqué qu’ils ne voteraient pas la réélection. Son ancien secrétaire de la Défense Jim Mattis, a publié une violente tribune à charge contre Donald Trump, tandis que son ex-directeur de cabinet John Kelly a souhaité qu’il y ait "des choix alternatifs". Si la sénatrice de l’Alaska, Lisa Murkowski, avoue publiquement "lutter" avec l’idée de réélire le Président, les républicains élus pourraient-ils aller jusqu’à oser une vendetta contre leur Président en place ?
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

