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Michael Bloomberg : phénomène politique ou machine à cash ?

Le célèbre milliardaire est entré tard dans la course à la présidentielle américaine, ratant deux primaires, et cible ses attaques sur Donald Trump. Surtout, il alloue un budget sans précédent à sa campagne et rebat les cartes de l'élection 2020.
Michael Bloomberg
Michael Bloomberg

Michael Bloomberg est plus qu’un candidat, c’est un nom connu de toute l’Amérique et même dans le monde entier des affaires, grâce à son terminal de données financières. Aujourd’hui, le célèbre milliardaire, neuvième fortune mondiale avec un patrimoine estimé à 60 milliards de dollars, s’est lancé dans la campagne électorale américaine. Avec une stratégie à la fois inédite et très risquée, mais pour laquelle il bénéficie du principal atout : l’argent.

Tout d’abord, Michael Bloomberg a déstabilisé la campagne 2020 en novembre dernier, lorsqu’il a annoncé après plusieurs mois de tergiversations sa candidature à la primaire démocrate. L’homme a été pour le moins versatile pour sa casquette politique : il a été dans le passé un démocrate, avant de passer républicain pour entrer dans la course à la mairie de New York en 2001. Au cours de son mandat, il s’est établi comme indépendant et lors de la dernière élection, il a apporté son soutien à Hillary Clinton, avant de se déclarer officiellement démocrate en 2018.

"Battre Donald Trump et reconstruire l’Amérique est le combat le plus urgent et important de nos vies. Et je donnerai tout", a-t-il déclaré lors de l’annonce de sa candidature, ce qui reflète bien l’état d’esprit de sa campagne. Il s’est certes basé sur ses accomplissements en tant que maire de New York de 2002 à 2014 comme la croissance économique de la ville, la baisse de la criminalité et la santé publique, et les causes qu’il a embrassées depuis, comme l’environnement et le contrôle des armes. Mais il n’est pas dupe, il sait qu’il est associé au petit cercle des milliardaires de New York : selon une moyenne des sondages de Real Clear Politics, il a 6% de soutiens, contre 27% pour Joe Biden, et plus de gens ont une image négative que positive de lui.

En réalité, l’homme ne compte pas gagner sur son image, mais il se présente comme la seule alternative capable de battre Donald Trump côté démocrates. S’appuyant sur les sondages, qui donnent seulement Joe Biden gagnant contre le Président sortant, et encore avec une marge d’erreur. Et pour cela, il a adopté une stratégie totalement inédite et risquée : il a décidé de ne pas concourir aux deux premières primaires, celles de l’Iowa et du New Hampshire, et se lancera seulement lors du Super Tuesday, les 14 États qui voteront le 3 mars prochain.

Surtout, il alloue un budget sans précédent à cette campagne, ce qui rebat totalement les cartes de la primaire. Il a déjà dépensé 217 millions de dollars de publicité télévisée et digitale, soit 75% du total des dépenses publicitaires de toutes les campagnes, y compris celle de Donald Trump. Il y attaque principalement le Président, ce qui a même poussé ce dernier à réagir sur Twitter, surnommant son adversaire "Mini-Mike". Selon les rumeurs, il serait prêt à dépenser 500 millions de dollars pour les primaires et 1 milliard pour l’élection. Il a embauché l’ancien responsable marketing de Facebook et l’ancien CEO de Foursquare pour sa société de données, Hawkfish, et juge que cela a permis la victoire de 21 des 24 démocrates qu’il a soutenus pour l’élection à la Chambre des Représentants. Et a alloué entre 15 et 20 millions de dollars pour faire inscrire des personnes sur les listes électorales.

Cette véritable machine à cash influence les autres candidats : début janvier, ils ont dépensé 540 millions de dollars de publicité politique sur 12 mois, soit 10 fois plus que la moyenne à ce stade de la course. Selon le cabinet de recherche Borrell Associates, le budget total de cette élection pourrait atteindre 20 milliards de dollars, bien au-delà des 12 milliards de dollars enregistrés en 2016. En tout état de cause, Michael Bloomberg - qui a été accusé de faire le jeu de Donald Trump en rajoutant son nom à une liste de candidats démocrates déjà record aux primaires -  l’a promis : il soutiendra le candidat démocrate, même s’il s’agit d’Elisabeth Warren, qui veut introduire une taxe sur les super-riches.

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