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Natixis suspend un trader, les marchés s'apaisent
Il faut dire que l'année a été difficile pour Natixis, et c'est pourquoi, à la moindre étincelle les marchés s'affolent. Pourtant il y a eu plus de peur que de mal hier soir après que Bloomberg a publié une dépêche au sujet d'un trader de Natixis mis au placard, le quotidien insinuant qu'il l'a été pour avoir causé de lourdes pertes à la filiale de BPCE. D'ailleurs, peu après un communiqué de presse de Natixis, le calme est revenu.
Hier, à 16h58, le journal fondé par le milliardaire du même nom raconte l'histoire du trader senior français Jean-Baptiste Jacquet qui a cessé de venir travailler dans ses bureaux new-yorkais depuis des semaines, car il faisait l'objet de soupçons de la direction sur la gestion de son portefeuille. Selon son profil Linkedin, l'homme a rejoint la Banque française en 2006 et est inscrit à la filiale américaine Natixis Securities Americas LLC depuis 2013. En interne, le trader aurait déjà été confronté à une enquête similaire il y a environ deux ans, après qu'il a fait perdre 2 millions de dollars à la Banque, ajoute le quotidien.
Entre 17 heures et 17 heures 13, l'action Natixis chute de 2,9%, avant de reprendre rapidement des couleurs. Le marché s'est affolé mais la communication par certains analystes suffit à rassurer les investisseurs, d'autant plus qu'un communiqué de presse par Natixis, envoyé à 20h24 hier dans la soirée confirme l'engouement de la Bourse pour pas grand-chose. Le prêteur français évoque alors un "cas individuel" et assure qu'il s'agissait "d'une procédure purement interne qui n'est en aucun cas liée à une perte en résultat et est sans conséquence aucune sur les clients ou les activités de Natixis". Depuis l'ouverture ce matin, le titre Natixis est encore un peu secoué, mais bien moins que la veille.
Il faut dire que les investisseurs préfèrent voir venir, après deux incidents cette année qui avaient causé de lourdes pertes à la Banque, et dont l'un avait justement été déclenché par une coupure de presse. En effet, au mois de juin, le Financial Times révélait l'ampleur de la détention d'obligations non liquides d'H2O Asset Management, un fonds détenu pour un peu plus de la moitié par Natixis. Bruno Crastes, le patron d'H2O - cette société qu'il a créée au début de la décennie avec l'appui de Natixis - aurait soutenu de façon inconsidérée les volontés d'un financier allemand, plus de sept fois aux mains de la justice pour des deals équivoques. Quelques heures après, l'agence Morningstar - dont les évaluations servent de livre guide clef pour les investisseurs - annonce suspendre la notation de l'un des fonds d'H2O Asset Management, citant l'émergence de questions sur la liquidité de certaines obligations détenues par le fonds, mais aussi un conflit d'intérêts.
Natixis était également sur les bancs de la Commission des sanctions de l'AMF en juillet, car deux des filiales de Natixis, Natixis Invest Managers International (NAM) et Natixis Asset Management Finance (Namfi) étaient convoquées pour une affaire particulièrement technique, qui leur a valu une sanction de 2 millions d'euros à NAM et une sanction moitié moindre pour Namfi. En décembre 2018, le groupe bancaire avait également subi un revers sur les activités de dérivés actions en Asie qui lui avait coûté au final près de 260 millions d'euros.
Rappelons par ailleurs que certains représentants du journal Bloomberg étaient eux aussi sur les bancs de la Commission des sanctions le vendredi 15 novembre dernier, le journal étant accusé d'avoir diffusé des informations fausses et trompeuses sur Vinci, qui avait valu à ce dernier de lourdes pertes financières après la chute du titre. C'était une Commission un peu spéciale car elle relançait un vif débat sur l'arbitrage entre vitesse de diffusion et temps de vérification, en référence à la montée d'adrénaline du journaliste déclenchée par le caractère sensationnel d'une information...
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